AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Avis sur un début de roman

Aller en bas 
AuteurMessage
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Avis sur un début de roman   Mar 17 Mai 2011 - 18:46

Bonjour,
Cela fait longtemps que j'ai été absent, mais bon : les cours, les arts martiaux, la traduction, l'encodage vidéo, la conception du jeu Pokémon...
Maintenant que je suis en vacances (pour presque 4 mois, voire un peu plus), je voudrais vous demander votre avis sur un roman que j'écris.
J'avais commencé par vouloir faire une petite nouvelle, puis l'histoire s'est agrandie et finalement, me voici avec un projet de romans.
Avant toute chose, je précise que certaines scènes seront violentes et explicites : merci d'en prendre note.
J'aimerais l'avis d'un maximum de personnes, même si je reconnais que le texte est long ; vous pouvez tout à fait n'en lire que certaines parties, ou vous arrêtez à la première et dire ce que vous n'aimez pas. J'ai coupé en trois parties parlant d'évènements continus, comme des scènes, même si tous les évènements du chapitre 1 sont liés et dans la même continuité.
J'ai ré-écrit ce premier chapitre à plusieurs reprises pour avoir le rendu actuel. J'ai même modifié les concepts :
- au départ, les magatama étaient plus comme des esprits qui possèdent le corps de leur hôte (qui se transforme évidemment), la mort d'un "démon" induisait donc la mort de l'humain qui lui servait d'hôte : la créature disparaissait et un cadavre humain le remplaçait. Mais cette idée avait beaucoup de failles scénaristiques.
- Fields se battait avec des armes : canne-épée, sabre... Je lui ai préféré une version que je préfère, où il ne se sert que de ses poings (et du reste de son corps avec). J'avais pensé à le doter de certains "pouvoirs", mais je préfère avoir pour une fois un humain ordinaire, certes maître d'arts martiaux, mais c'est quelque chose qu'il a appris, pas une capacité extraordinaire dont on l'a gratifié ou bien une histoire de naissance.

Sans parler trop de l'histoire : ça se passe dans un monde moderne (identique au nôtre), où un expert en arts martiaux (entre autres choses) va se retrouver confronté à des "démons". C'est donc du fantastique. Si je raconte l'histoire, je résume tout simplement tout le début du chapitre 1.
Pour finir, le prénom du héros, Fields, vient de la célèbre médaille en mathématiques, et son nom, Cyphre, vient de Louis Cyphre, même si dans ce cas, il n'a rien à voir avec un Lucifer.

J'espère que vous apprécierez le résultat.

Les yeux d'ACHARA
ou
MAGATAMA

Livre Premier : Du chaos qui s'installa

Chapitre Premier : Un simple larcin peut mener très loin


Il s'agissait d'une ville inondée d'une multitude effarante d'agitateurs. Extérieur et intérieur ne formaient qu'un, de tel sorte que les œuvres architecturaux abrutissants érigés en série empêchaient toute distinction entre ces deux concepts ; la vie étouffait de part et d'autre de ces immenses murailles, alors que la lumière elle-même luttait pour traverser l'atmosphère viciée emplissant entièrement les rues englouties par cet urbanisme monstrueux.
Une fenêtre trembla violemment brisant le silence morbide ayant établi son trône en cette cité. Un bruit strident retentissait dans la chambre ; une silhouette se leva soudain de sa couche alors qu'une main agile arrêta l'appareil électrique. À cinq heure tout juste, l'homme encore assoupi commença à esquisser des gestes lents et profonds. Tandis que la précision de son exécution s'amplifiait, de faibles lueurs parvinrent à franchir les défenses des volets. La réverbération de la lumière sur la neige illuminait quelque peu son éclat.
Les gouttes de sueur perlant sur la musculature sèche et imposante de cet homme furent emportées par les flots d'eau froide de la douche qu'il prit après l'exécution complète de ses formes matinales. Les tissus rugueux de ses serviettes séchèrent sa peau rougie tout en rabattant de longs cheveux bruns jusqu'à ses reins exhibant par là même une somptueuse barbe cachant difficilement son cou de taureau. Fier et impassible, son visage s'illumina pendant que son corps s'affaissait afin de prendre une position propice au recueillement ou bien à la méditation qu'il exécutait toujours au même horaire quelque soit le jour. Cet homme possédait une connaissance et une expérience reconnue de tous dans des domaines ésotériques et spirituels mais aussi martiaux que sont les arts du Qi Gong.
Au cours des années de pratique de diverses disciplines martiales et philosophiques, son corps se développa jusqu'à paraître celui d'un fauve ayant par quelque subterfuge pris une apparence anthropomorphique ; ses muscles courts et secs, puissants et imposants mais aussi souples et doux, agiles et rapides cachaient une force de volonté tout aussi impressionnante.

Une nouvelle sonnerie vint perturber un calme tout relatif. Cet immense œuvre du génie architectural classique brisait la monotonie et l'abrutissement général induit par ces rues sinistres, tel un temple sacré aux cœurs d'une ville damnée. Des pas innombrables polluaient la place souillée de neige sombre en pleine fonte. Le raffut insupportable de ces hordes primitives s'engloutissait au plus profond du monument jusqu'à un autel sacré ; cinq à six cents jeunes gens avaient envahi ce dernier au cours des dernières minutes passées. Malgré ce vacarme inintelligible, l'entrée solennelle du monarque de ce lieu fit silence au sein du public grossier et dans cet amphithéâtre bondé nul n'osait plus dès lors murmurait la moindre syllabe. Ce vestige d'un passé lointain de part sa tenue malgré sa quarantaine d'années seulement, ôta son chapeau borsalino après que sa canne a été calée contre le bureau trônant au centre de l'estrade faisant face au public resté coi ; déposant de son autre main la serviette qu'il portait encore sur ledit bureau, il put ainsi suspendre son long manteau ainsi que ce couvre-chef laissant paraître un costume trois-pièce noir à l'instar de tout son habillement mis à part chemise, pochette et gants que l'on devinait blancs.
Une montre sortit de son gousset alors que sa veste s'ouvrait et fut déposée ouverte en évidence à côté de la serviette exhibant désormais son contenu. Sans mot dire, il rangea lentement ses gants dans une poche intérieure de la veste qu'il endossait puis s'empara habilement d'un léger boîtier tenant largement dans sa main ; illuminée par l'écran bleue de ce petit appareil, sa main glissa savamment à sa surface tandis qu'un projecteur s'éclairait lentement au fond de la pièce. Désacralisant complètement les lieux, la moitié du tableau blanc fut bientôt envahie par des symboles mathématiques en tout genre venant directement de la mémoire de ce micro-ordinateur tactile alimentée par celle plus savante de notre cher ami.
Commençant un long discours, il s'interrompit devant l'ahurissement général et fut affligé par le spectacle de ces étudiants de troisième année incapables de déterminer une intégrale curviligne le long du cercle trigonométrique, ne serait-ce même que de se lancer dans ce travail. Chaque année son cours devait être revu à la baisse et cela le fatiguait, certes ses propres études l'avaient désenchanté quant au niveau actuel mais il ne pensait pas que la chute serait si terrible : ce qu'il apprenait à ses élèves un semestre devait intégralement être repris devant les mêmes l'année suivante. Il dut donc corriger son enthousiasme et lança des équations de niveau secondaire espérant pouvoir les résoudre avant que les quatre heures de son cours ne soient passées dans un ennui profond.
Aux creux des ténèbres abyssales ceignant l'arrière de la salle se trouvait un jeune homme prometteur perdu dans ses pensées, les calculs simplistes menés à terme sur le brouillon négligemment entreposé devant lui. Une main chaleureuse se posa sur son épaule permettant au professeur de voir le sujet de ces rêveries : le jeune homme travaillait des équations se rapportant directement au cours traité, d'un niveau correct qu'aucun autre camarade ne pût entendre.
Rassuré par cet élément inébranlable, notre professeur de mathématiques retourna fièrement trôner à son bureau afin de reprendre des calculs d'une complexité et d'une utilité toutes autres.

Alors que l'heure s'était avancée, il vit les aiguilles de sa montre se rapprocher inexorablement du moment fatidique : ses étudiants tels un troupeau de buffle sortirent dans un grand chahut faisant presque craindre d'éventuels piétinements, à l'exception d'un seul jeune homme qui vint lui poser une question sur un point du programme de l'année en cours, qui d'autre que Bastien. Il s'agissait du meilleur élève qu'il lui avait été donné de voir depuis quatorze ans d'enseignement et comme lui à son âge il partageait cette passion pour les arts martiaux, entre autres. La réponse à la question gourmande en explications, tous deux se dirigèrent de concert vers la sortie, perdus dans cette discussion qu'aucun autre étudiant n'eût pu espérer suivre. Flânant dans les couloirs ouverts sur la grande cour d'habitude verdoyante, ils ne firent pas attention au fin duvet blanc qui surplombait les toits et qui au sol était marqué de nombreuses traces laissées par tous. Sortant de sous ces arches, ils coupèrent cette dernière en diagonale afin de rejoindre un bâtiment sobre surmonté d'un panneau en bois dont l'inscription se dissimulait sous une petite couche de neige.
À l'intérieur, ils se séparèrent finalement , allant dans deux vestiaires différents. Ce professeur ôta son costume afin de revêtir un autre de ses rôles en même temps qu'un vêtement d'entraînement : un keikogi blanc attaché par une ceinture noire usée jusqu'à la corde, nouée autour de sa taille avec une attention particulière. Il entra silencieusement dans la pièce principale où attendaient une vingtaine de ses élèves courageux ; Tous les ans beaucoup s'inscrivaient à ses cours martiaux mais très peu pouvaient réellement suivre le rythme ce qui éliminait d'office les idiots venus faire les malins sur les tatamis. S'inclinant quelque peu pour saluer, il monta sur les lattes de bois surélevées.
Dès son signal, des rangs parfaits se firent au sein de ses autres élèves de la journée. Une longue séance de trois heures s'ensuivit, il pratiquait et enseignait des arts divers comme le karaté, le taijiquan, le qi-gong, le yoga et beaucoup d'autres encore dont il connaissait plusieurs styles aux noms inconnus des profanes. Ses maintes thèses avaient marqué tous les esprits de ce domaine qu'il rejetait depuis fort longtemps à cause de leur plus grande aptitude à amasser de l'argent pour entretenir leur club en souillant ces arts par le sport qu'à entretenir le véritable art martial. Nulle compétition ne l'avait jamais accueilli ni même le moindre festival tandis qu'il était l'un des noms les plus célèbres de ce monde quelque fermé qu'il soit.
Il préférait garder une vie calme et sobre.
Ayant suffisamment transpiré, il autorisa après le salut général la sortie des élèves mais continua néanmoins avec quelques esprits courageux pendant une heure ou deux encore puis termina seul la session en méditant.

Il se déshabilla, exhibant sa musculature fine mais cependant puissante semblable à un véritable fauve, afin de prendre une nouvelle douche, nécessaire après six heures d'entraînement. L'eau coulant sur sa peau le heurta, une idée venait de transpercer son esprit. Complètement trempé, il courut prendre annoter quelque chose sur un petit carnet contenu dans la veste portée la journée. Ce carnet dont les pages noircies s'envolaient presque par un simple soupir dessus détenait des vérités inconcevables.
Il remit tranquillement son costume après avoir correctement plié son keikogi puis sortit. Il traversa à nouveau la grande cour faiblement éclairée par un soleil déclinant et s'engagea à travers les colonnes du couloir séparant cette dernière en deux parties afin de rejoindre son bureau qui se trouvait à son extrémité Est. Se mettant à son aise, il sortit d'un petit réfrigérateur caché dans un coin un plat froid préparé le matin même auquel il ajouta quelque fromage. Il se sustenta ainsi et se remit vivement à l'œuvre : une machine n'eût pas été aussi implacable. Il sortit quelques documents d'une pochette renfermée dans sa serviette et examina des formules complexes ainsi que des textes écrits en grecs, latins, japonais et sanscrits dont il fit quelques traductions assez lyriques annotées de toute part par des notions étymologiques voire des formules mathématiques dont la petitesse ne faisait que s'accentuer avec leur désordre. Seul son auteur pouvait comprendre ces manuscrits. Une page de son carnet s'insinua dans les méandres de ces feuilles complétant plusieurs mois de recherches et de labeurs.
Quelque trois quart d'heure plus tard, se rendant compte de l'obscurité grandissante qu'une lune sur son déclin combattait désespérément au dehors, il alluma une petite lampe au-dessus de son bureau. Cet acte cassa le rythme de son travail qu'il cessa aussitôt. Il alluma son ordinateur afin de se détendre enfin. Il lança la lecture d'un petit air gothique sur fond de musique classique puis s'extirpa de son fauteuil pour passer en revue ses bibliothèques phénoménales de par leur diversité et entama finalement quelques chapitres d'un livre intitulé Divina Commedia : Inferno. Après une dizaine de chants la musique d'ambiance cessa comme pour lui signifier qu'il se faisait très tard et qu'il devrait se hâter. Il rangea précautionneusement l'ouvrage latin qu'il relisait avant d'ouvrir avec le plus grand soin un coffret métallique à serrure dissimulé habilement derrière son poste de travail.

Du fond de son fauteuil, cet homme observait l'étrange objet, un artefact grossièrement sphérique doté de deux faces décagonales liées l'une à l'autre par des rectangles maladroits, sur lequel des inscriptions cunéiformes étaient gravées avec une minutie inconcevable digne des technologies les plus avancées jamais conçues par l'homme. Un symbole d'Ouroboros cerclant un pentacle pouvait être admiré sur ces deux faces opposées donnant ainsi un contexte occulte à la création de cet œuvre. Tous ces symboles à l'air parfaitement naturel, comme le seraient les reliefs d'une montagne, brillaient dans le vert des pupilles du chercheur attentif, cet éclat contrastait avec sa mine fatiguée désormais lui conférant un air extrêmement grave. Il se leva brusquement afin d'attraper un autre livre de la bibliothèque : il feuilleta hâtivement cet ouvrage avant qu'un autre ne lui succédât à la lumière de la lune, amorçant son dernier quartier le soir même, et de la faible lueur provenant de la lampe posée sur le bureau ; ce vif lecteur enchaîna plusieurs tomes reposés ensuite négligemment sur les rayons.
Il passa en revue toutes les reliures visibles et aperçut un volume camouflé derrière les gonds de la porte. Tandis qu'il s'en saisissait le titre de ce dernier le frappa ; l'œuvre heurta violemment le parquet sur lequel des pas battaient une vive mesure entraînant le maladroit vers la porte : en effet, une idée ayant jailli dans son esprit l'attira vers la porte du bureau où se trouvait une inscription : « F. CYPHRE, Docteur ès Mathématiques, Directeur de recherches, Gestionnaire Informatique et Président du Club d'Arts Martiaux ». Alors que sa main tombait sur la poignée, le livre reposant au sol lui revint en tête et il alla immédiatement le reposer à l'instar des autres sur les étagères encombrées auxquelles il tenta de redonner un aspect correct ce qui, dans sa précipitation, ne fut point aisé.
La porte du bureau s'ouvrit soudainement pour laisser passer l'étourdi perdu, pensif, dans la lune qui éclairait sa bibliothèque tantôt. Tout en parcourant les couloirs de cette université grandiose, bien que terrifiante la nuit de par son gigantisme et son ancienneté, les souvenirs envahissant son crâne eussent pu happer toute autre pensée. Des souvenirs ayant trait aux maints examens sur l'objet de ses préoccupations, qui toute la semaine durant, n'aboutirent qu'à plus de questions et de perplexités au sujet de cet artefact ; certes, les études éclaircirent nettement tout ce qui avait trait aux gravures ornant la sphère.
Le concours de plusieurs collègues historiens et linguistes, entre autres, avaient permis d'étoffer ses connaissances déjà gigantesque sur les dialectes humains et par là même d'apporter des réponses plus complètes et précises sur ces obscures gravures. Après avoir effectué un balayage tridimensionnel de l'artefact en question, on put découvrir que l'intérieur même de ce dernier était en réalité un volume dans lequel d'autres gravures se trouvaient mystérieusement. Néanmoins la nature même de ce volume était un mystère car sa composition restait indéterminée et que sa densité se trouvait être d'autant plus grande qu'on s'approche du centre voilant également les caractéristiques de ce dernier toujours inobservé. Les études linguistiques appliquées à ces caractères tridimensionnels ainsi qu'aux gravures invisibles à l'œil nu entourant la sphère dont les lectures possibles étaient infinies conclurent sans le moindre doute que toutes les langues actuelles descendaient de la dégradation et de l'éclatement de ces innombrables formes ; on eût dit que l'artefact venait d'une civilisation antérieure à la mythique Babel : l'époque où les hommes n'entendaient qu'une seule et unique langue asseyant leur puissance et leur coexistence. Cependant, ce dernier semblait beaucoup plus ancien que l'homo sapiens, d'après les derniers tests il serait apparu lors de la formation de la Terre alors que celle-ci n'était que lave en fusion.
Les véritables mystères qui le retenaient sur cette étude étaient les formules mathématiques et physiques formées par certains de ces caractères après une traduction sommaire ressemblant à l'équation de l'énergie du vide qu'il avait lui-même formulée auparavant sans pour autant avoir la technologie nécessaire pour l'appliquer en réalité. Demeurait également le mystère mythologique qui l'intéressait au plus haut point, étant féru de cette culture jusqu'à lui réserver des thèses de plusieurs tomes allant de la mythologie aztèque à la mythologie hébraïque et évitant soigneusement la mythologie moderne nulle et non avenue à ses yeux : les diverses traductions l'occupant se rapportaient principalement à un épisode de la mythologie japonaise concernant l'épée Kusanagi plus particulièrement, son mythe favoris dont des flashs ne cessaient de le harceler depuis que cet artefact avait rencontré sa peau jusqu'à ce qu'ils deviennent presque aussi tangibles que la réalité elle-même.
Mais la chose retenant par dessus tout son attention était la production autonome d'énergie par cette sphère, probablement en son centre, suivant un schéma extrêmement précis semblable à celui des ondes neuronales d'un être humain malgré certaines différences essentielles. L'armée connaissant bien ce chercheur pour l'avoir engagé à plusieurs reprises, lui permit de conserver cet artefact, condition absolue pour sa participation au projet sans laquelle il n'y aurait pas eu de projet d'ailleurs. On avait confié cette étude à une branche spécialisée dans les sources d'énergie afin qu'elle mette au point un générateur du même type capable de produire de l'énergie inépuisable mais surtout utilisable, celle de l'artefact étant comme protégée par un champ de force ; tout appareil reliait au corps étranger se voyait pulvérisé, que ce soit un grille-pain ou un super-ordinateur, tous les composés étaient détruits avant même que de l'énergie ne puisse circuler.

L'objet de toutes ses pensées avait attiré son attention, pour ne pas dire qu'il l'avait complètement envoûté, alors qu'il était incrusté dans un vieux chêne mourant qu'il avait coupé quelques semaines auparavant en bâtissant sa nouvelle demeure à l'étranger. On put allègrement ne même pas l'apercevoir de par sa petitesse qu'un poing fermé eût suffi à figurer ; mais, l'arbre en question devait servir la construction du dernier meuble de cette demeure, ainsi il le coupa en assez fines planches : ainsi, il trouva cette petite chose incrustée dans le bois.

Il arpentait donc les couloirs en flânant quand il réalisa soudain l'oubli dudit objet resté sur son bureau de travail ; il se calma par une respiration profonde avant de revenir sur ses pas. Il poussa la porte de son cabinet et, machinalement, alla devant son bureau pour prendre l'artefact qui, à son grand damne, s'était volatilisé. Stupéfait, il sortit de sa torpeur nocturne et regarda tout autour de lui mais ne fixa son attention que sur la fenêtre qui attira son regard du fait d'un léger courant d'air caressant sa peau. Elle était pourtant verrouillée à l'instant de son départ. Il s'en approcha donc, sceptique.
Se penchant par l'ouverture, une silhouette parut sous l'éclat de la lune, maîtresse en cette nuit puisque tous les lampadaires avaient été brisés. Les ténèbres happèrent cette forme vacillante tandis que Fields prenait sa canne dans la main gauche et s'appuyait de la droite sur le rebord de la fenêtre afin de sauter. Il poursuivit frénétiquement ce voleur grâce aux étranges empreintes laissées dans la neige fraiche mais il eut beau courir plus vite que son corps même lui eût permis ce qui n'était pas peu dire : il atteignait presque les cent-vingt kilomètres par heure. Tous les efforts de cet athlète demeurant vains et les traces ayant été recouvertes, il rentra dans son cabinet, par la porte pour paraître original. Il découvrit trois officiers de police ayant fleuri autour d'un homme vêtu d'un costume deux pièces très élégant surmonté d'un imperméable évocateur de tant de clichés qu'il serait fastidieux de développer ici. Ce dernier s'enquit de l'identité du quarantenaire qui en paraissait presque la moitié, M.CYPHRE Fields lança-t-il vaguement, sceptique devant cette intrusion manifeste de son bureau.
L'inspecteur comme il se présenta, subissait probablement son cinquantième hiver si ce n'est un peu plus, en attestaient ses tempes blanches et ses fins cheveux grisonnants semblables à ceux d'un militaire en activité. Toute son apparence hurlait des clichés de "cow-boy" et eût laissé croire qu'il fut désinvolte à propos des droits d'autrui tel un de ces justiciers du grand écran.
Fields apprit âprement de lui qu'un de ses collègues semblait avoir fait appel aux autorités en voyant deux ombres successives s'enfuir par la fenêtre béante du cabinet. Ce fait s'avérait tout de même discutable de par le silence de mort régnant sur l'université en cette nuit blanche. De plus, aucun véhicule éblouissant ne se trouvait devant le bâtiment, peut-être à l'entrée arrière, mais cela était étrange. Vérifiant son gousset, il sortit une montre et constata qu'aucun de ses collègues ne devait s’affairer plus ici désormais. Après plusieurs mois d'habitude à travailler aussi tard, nulle vie ne l'avait tirait de ses réflexions jusque là.
Les officiers évoquèrent alors un larcin ! Malheureusement, seul Fields était informé de la présence antérieure de l'objet de ce dernier ; une seule conclusion s'imposa à lui : ces hommes sont liés à cette affaire, mais leur rôle demeurant énigmatique, il continua à jouer le sien, soit celui d'un simple professeur désemparé. Il demanda à aller voir les laboratoires dans le but de chercher des données sur l'objet disparu pouvant aider ces messieurs dans leur investigation.
L'inspecteur en charge désigna un jeune dont on aurait pu croire qu'il venait de passer son examen d'entrée dans les forces de l'ordre la veille, voire le matin même tant sa nervosité, son manque d'assurance et sa maladresse transparaissaient sur su son minois. Sa fonction serait celle d'un garde du corps quand bien même un œil externe prêterait volontiers celui-ci à Fields plutôt qu'au jeune officier dont le visage s'emplit immédiatement d'une lueur et d'un air sévères et solennels.

L'officier et le professeur se dirigèrent vers l'aile consacrée à la recherche disposant de laboratoires à la pointe de la technologie. L'enseignant laissa sa canne aux côtés de la porte du bureau afin d'avoir les mains libres et resta alerte.

Au regard de l'heure tardive, le vide des couloirs et des pièces paraissait normal bien que l'atmosphère fût anxiogène ; mais, l'atmosphère était encore plus sinistre entre les deux hommes de par sa pesanteur : ils se regardaient mutuellement du coin de l'œil avec un regard méfiant quoi que la casquette de l'officier ne permît ni à l'un ni à l'autre de saisir ce regard réciproque. Ils atteignirent la porte du laboratoire dans lequel toutes les recherches sur l'artefact eussent été menées selon le professeur aux aguets ; le silence produisait une angoisse indescriptible qui glacerait quiconque jusqu'au sang mais laissait de glace nos deux camarades dont les nerfs étaient bien trop occupés pour ressentir la moindre chose bien que l'esprit de Fields fût clair et calme tel qu'il l'était en toutes circonstances.
En ouvrant ladite porte, un grincement rauque perturba le mélange d'angoisse et de pression qui régnait dans le bâtiment mais il se prêtait fort bien à cette atmosphère lugubre. La porte n'étant nullement verrouillée, Fields fut étonné de ne trouver personne dans son laboratoire. En déambulant dans les allées formées par les bureaux, des traces rougeâtres attirèrent négligemment l'attention du docteur ; il arriva à un ordinateur qui, allumé, éclairait seul la pièce, sur lequel il pianota afin de voir les données de ses recherches. Malgré les efforts du mathématicien, elles demeurèrent introuvables à sa grande stupeur. L'officier vint dans sa direction tout en empoignant son arme dans l'étui fixé à sa ceinture mais il trébucha... sur un bras.
Immédiatement, Fields alluma la lumière de la pièce et comprit que les traces sur le sol étaient du sang, qu'il avait aussi sur les mains depuis qu’il pianotait sur le clavier. L'effroi fut total pour l'agent qui dégaina son arme ; face à un cadavre dont l'état, le démembrement, l'éviscération, la chair manquante, que de détails à ne pas préciser, déclencha une nausée profonde chez cet homme pourtant rôdé. Le professeur quant à lui parvint à demeurer dans le stoïcisme, le calme qui le caractérisaient ; il s'essuya les mains et supporta l'officier en dehors de la pièce en toute hâte pour éviter qu'il ne fût trop perturbé. L'officier fébrile et blême échoua dans toutes ses tentatives de contacter les autres agents restés dans le bureau de Fields ; ils retournèrent donc dans le cabinet avec empressement.

Proches du bureau, des hurlements stridents dont on put croire qu'ils n'eussent point été d'origine humaine s'en échappèrent tels ceux de damnés sur Terre. L'inspecteur sortit en fracas de la pièce avec un rictus monstrueux gravé sur son visage, montrant qu'il venait d'assister au paroxysme de l'atrocité : on eût dit un fou échappé du chaos. Un hurlement bestial semblable à un aboiement fit éclater le silence des bâtiments et pétrifia le pauvre homme sur le champ dont le cœur semblait être sur le point de sortir de sa propre poitrine. Soudainement, un monstre hideux affublés de membres colossaux ramena violemment le condamné dans le bureau en écrasant sa patte puissante sur le crâne de l'inspecteur afin de le tirer en arrière. S'ensuivirent des hurlements qui se turent progressivement.
La créature sortit de la pénombre rougeoyante de sang et dévoila son apparence monstrueuse en traversant porte et mur : sa queue prenant l'aspect d'un serpent noir complétait ses trois gueules immondes dont les yeux rouges ternes perçaient son épaisse fourrure noire tout comme leurs mâchoires énormes taillées comme dans des blocs de marbre erratiques brisaient l'uniformité de ce pelage tâché d'une bave écœurante et d'une quantité de sang effrayante couvrant également ses griffes, ses pattes et ses gueules. L'officier aux côtés de Fields dont la nuit tumultueuse avait réduit les nerfs à néant tremblait de peur jusqu'à ce que lui vînt l'idée saugrenue de s'enfuir, qu'il mit malheureusement en application. La bête féroce bondit sur sa proie en mouvement et lui arracha le torse d'un coup de crocs ; le blessé tentait désespérément de fuir en rampant sur le sol tandis que ses intestins se répandaient derrière sa personne souillant la neige d'un blanc immaculé ; la créature affamée attrapa ces derniers et attira ainsi sa victime en tirant d'un coup sec, puis il finit son festin en déchiquetant consciencieusement les diverses parties de l'ancien officier livré aux gueules putrides du colosse.
Les yeux perfides du serpent surprirent Fields courant dans sa direction et c'est alors que le chien tricéphale plongea sur l'homme pour lui trancher les jambes, mais ce dernier, par réflexe, roula sur le côté évitant par là même une blessure mortelle ; en revanche, son dos fut lacéré. La créature avide s'approcha lentement du repas ainsi servi.

En réalité, seul son costume avait été tranché par les griffes monstrueuses. Il se trouvait vautré à quelques décimètres à peine des tripes déchiquetées des officiers disposées à même le sol de son bureau. Une gueule de la bête sécrétant d'autant plus de bave qu'elle se rapprochait du pauvre homme exhiba avidement ses crocs à l'hygiène déplorable et s'élança pour prendre une bouchée quand une deuxième gueule la percuta pour avoir le privilège de cette première dégustation.
Alors que l'ultime gueule profitait de la querelle pour savourer son repas, un violent coup lui écrasa la mâchoire inférieur, fermant ainsi sa gueule dont les crocs tranchèrent net la langue ; vomissant son sang, la gueule enragée frappa du sommet de son crâne l'homme qui se releva tel un félin et se propulsa dans les airs d'un bond puissant au moment même où ses pieds éclatèrent les globes oculaires de la gueule ensanglantée, la laissant sans vie.
Ce bond le fit surplomber le molosse qu'il frappa par là même au milieu du dos, pour lui rendre la pareille, mis à part que ce coup porta réellement et brisa deux vertèbres, sectionnant également des nerfs. Plus par réflexe nerveux involontaire que par talent au combat, une patte arrière frappa le guerrier dont le visage entouré de ténèbres ne transpira aucune douleur, de même, il ne bougea pas d'un pouce et sa main droite s'enfonça dans la chair de l'animal qui hurlait à la mort. Il apparut promptement, sans que l'animal ne le remarque, aux côtés d'une gueule dont il brisa le crâne d'un coup de coude dévastateur avant d'écraser la gueule centrale d'un violent coup de talon vertical frappant comme la foudre.
La bête épuisée et mourante s'affaissa attendant la grâce du guerrier qui ne tarda pas à venir : il acheva la créature misérable exposée à ses yeux pleins de ténèbres, pour ainsi dire vides, vides de rage, de colère ou de quelque émotion : tout son esprit était dirigé sur le combat et sur le combat seul. Ainsi, le corps du défunt se figea après trois ou quatre convulsions et sa férocité disparut en même temps que la lumière bleuâtre de ses yeux exposés alors à la lumière du firmament. Le crâne de Fields se mit alors à vibrer sous le coup des visions de Kusanagi et du combat acharné entre une sorte de serpent et un guerrier japonais. S'affaissant dans la flaque de sang laissée par le chien pourfendue, il réalisa qu'il devait se rendre au Japon pour faire cesser ces migraines que même la méditation ne pouvait faire taire alors que lui-même réussissait à maintenir un vide mentale absolu plusieurs heures.


Dernière édition par YagamiRaito le Mar 17 Mai 2011 - 21:05, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 17 Mai 2011 - 18:47

SUITE

Des voix le réveillèrent pour lui signifier que son vol allait bientôt atterrir : dans quelques minutes, il foulerait le sol d'Izumo, là où se déroulait beaucoup de légendes japonaises. Son voyage lui avait permit de réfléchir quant à l'apparition de Cerbère qui n'avait même pas pu ébranler son calme olympien devenu célèbre auprès de ses étudiants et collègues ; ce monstre de la mythologie grecque devait être sorti de l'objet perdu, aucune autre explication n'eût pu être convaincante. Après tout, lui-même avait senti un Qi assez puissant émaner de celui-ci. Il fallait croire que la source d'énergie n'était autre qu'un esprit antique, néanmoins se figurer la manière dont ce dernier avait pu se libérer et recouvrer un corps se révélait plus complexe, de même, les traces de pas du voleur étaient en fait celles de Cerbère méconnaissables en pleine nuit, alors on était en droit de s'interroger sur la raison de son retour dans l'établissement par la suite.
Fields sortit son seul sac au-dessus de lui et quitta l'avion, le moyen de transport le plus insupportable pour lui car il se retrouvait passif alors que quelque personnel aux compétences incertaines tenait le manche. Un petit groupe de personnes l'attendait déjà à l'aéroport. Seul son ami okinawaïen Takagi Nakajima avait été prévenu de son arrivée mais la nouvelle avait dû se répandre. Sa réputation s'avérait en effet assez grandiose au pays du Soleil levant en tant que Maître, voire Grand Maître que ce soit dans le domaine des Arts Martiaux ou dans le monde du Taoïsme, sans omettre ses liens avec le Shintoïsme encore présent. Invité d'ailleurs dans un temple shintoïste pour l'occasion, il passa une excellente nuit et apprit également qu'un Magatama avait été découvert le même jour que l'artefact de ses recherches. Le Magatama en question, une sorte de neuf sculpté dans du jade, se trouvait exposé dans un autre temple à Okinawa justement où une cérémonie religieuse s'apprêtait à avoir lieu ; il s'agissait évidemment de celle à laquelle on l'avait précédemment convié.

Il suivit les prêtres du temple jusqu'à Okinawa mais s'arrêta entre temps dans un temple taoïste où il put s'entretenir quelque temps avec un sage dont il appréciait la conversation.
Malgré les rénovations nécessaires qu'avait connues le temple, le couloir qu'il arpentait demeura et conservait encore tout le mysticisme et la spiritualité envahissant complètement l'esprit de ses hôtes. Au détour d'une intersection, l'ombre s'engouffra dans une pièce, seule éclairée par la faible lueur d'une bougie vacillante selon la respiration d'un vieil homme pourtant installé quelques mètres au loin. Sa stature frêle dégageait une puissance monumentale et une sagesse intangible. Il s'agissait d'un grand vénérable ayant demeuré selon les légendes soixante-dix ans dans les montagnes, ce qui lui vaudrait l'âge de cent-vingt trois ans.
Silencieusement, l'ombre glissa jusqu'à un siège, ou plutôt un coussin posé au sol. Leur recueillement à tous deux dura plusieurs heures puis le vénérable ouvra les yeux qu'il posait sur la flamme dansante. Quelques mots jaugés au compte-gouttes s'écoulèrent délicatement révélant la nature mythologique des Magatama que de conserver au secret l'esprit de puissant guerriers, voire des dieux d'un autre temps. Nul être n'eût pu mettre en doute un seul de ses mots et notre hôte comprit que si une créature avait pu s'échapper de cet artefact, une autre l'imiterait vraisemblablement via ce Magatama. Malgré leurs formes étrangères, l'objet de ses recherches pourrait raisonnablement porter ce même nom, expliquant alors le lien entre ses visions et cet œuvre d'art antique.
Fields disparut comme il était entré, tel une ombre muette.

Il arriva enfin à Okinawa, une semaine avant la cérémonie dont il avait eu vent. S'arrêtant dans le dôjô qui lui servait également de demeure, celle qu'il avait meublée avec le vieux chêne à l'artefact, son ami Nakajima, maître et gardien des lieux en son absence, puisque propriétaire officiel, s'entretint un peu avec lui. Bien qu'ayant du mal à croire à tous ces mythes, sa confiance en Fields l'empêcha d'en douter une seule seconde et l'obligea à lui prêter toute l'assistance dont il pourrait avoir utilité.
Tous s'entraînèrent encore pendant plusieurs jours afin de se préparer à une éventuelle confrontation, mais également pour permettre au maître de retrouver ses disciples. Peu de temps avant la cérémonie, les moines avaient autorisé le professeur à examiner le précieux artefact grâce à l'intervention de Nakajima qui connaissait personnellement beaucoup des responsables. Cet examen eut lieu de nuit, évitant ainsi de trop nombreuses questions. Fields s'aventurait dans la salle principale où se tenait l'œuvre grandiose, scintillante sous l'éclat de la Lune, comme vivante. Alors, des visions extrêmement nettes brûlèrent son crâne, sans sa maîtrise de la concentration, il serait mort sur le champ.

Un reptile gigantesque affublé de huit têtes et de huit queues de serpent attachées à une masse centrale protégée par des écailles de plusieurs dizaines de centimètre d'épaisseur. La créature mesurait bien une soixantaine de mètres d'épaisseur pour seulement huit cents mètres de longueur environ. Ses écailles verdâtres aussi sombres que son regard d'un rouge sanguinaire constituaient une véritable armure à laquelle s'ajoutaient ses crocs titanesques contenant un venin mortel et corrosif. Son souffle suffisait pour tuer toute plante et tout animal sur son sillage, dont le sang recouvrait une grande partie de son corps parsemé de branches cassées coincées sous sa peau et de mousse poussant à même sa chair flamboyante parfois exposée par quelque brèche dans son armure.
Devant lui, un homme seul, semblable à Fields dans le fait qu'il arborait de longs cheveux noirs et une barbe quoi qu'un peu plus longue, pointait une épée sculptée magnifique de type Tsurugi (une épée à double tranchant). Sa lame noire épousait la voûte céleste en cette jonction nocturne de deux jours. De la foudre parsemait son corps vêtu d'un kimono traditionnel complet : du hakama au haori qu'il arborait fièrement du fait de son écusson. Dans ses vêtements se cachaient de multiples armes mais la plus puissante de toutes était la foudre qu'il maniait. En effet, son adversaire étant le mythique Yamata-no-Orochi, Fields comprit que l'homme ne pouvait être autre que Susanoo le Dieu des tempêtes capable de faire tomber la foudre et de déchaîner les vents.
Susanoo portait un verre de saké pur à la main qu'il jeta devant lui, alors, une étincelle, et le serpent s'enflamma : les quelques gouttes de saké s'étant changées en torrent de feu. Une queue vint balayer ce dernier tandis qu'une autre s'abattait implacablement sur le Dieu qui la bloqua à coup de Geta (chaussures japonaises traditionnelles) pour s'en servir ensuite d'appui afin de sauter plusieurs mètres en arrière, tombant sur un cou de la bête qu'il pourfendit de son épée. Alors qu'elle s'abattait, c'est toute la tête qui fut arrachée d'un seul coup par l'air déplacé. Se servant du vent comme appui, il bondit alors sur la seule gueule encore en feu dans laquelle il planta son épée, la tuant.
Néanmoins, une queue vint s'abattre sur lui l'obligeant à abandonner son arme. Alors qu'une gueule allait le dévorer, il s'entoura de foudre ce qui tua cette dernière au premier contact, au prix du bras gauche de Susanoo emporté par du venin corrosif. La plaie cautérisée par sa foudre, il courra le long de cette tête pour sauter vers la précédente et récupérer son épée. Deux queues vinrent alors tenter de l'empaler sur leur extrémité, c'était sans compter sur l'adresse du Dieu qui parvint à dévier la première de son épée, l'envoyant sur la seconde, avant de les trancher toute deux une fois immobiles.
Yamata-no-Orochi recroquevilla tout son corps sur son centre puis lança ses six queues restantes sur Susanoo après l'avoir entouré en quelques secondes sans qu'il ne puisse rien faire, de ses cinq gueules. Susanoo lança une bourrasque de vent sur l'une d'elle, blessée par sa première initiative enflammée, et parvint à se frayer un passage étroit lui permettant d'éviter les pics acérés s'abattant au sol. Épuisé, Susanoo murmura une ancienne incantation avant de plonger ses mains dans le sol. L'une d'elle ressortit afin de foudroyer les cieux où des nuages venaient d'apparaître par une partie de son incantation. Tous les éléments en place, l'incantation fit son office : le sol se mit à vibrer tandis que foudre et cyclones s'abattirent sur le serpent parvenant tant bien que mal à se glisser entre. C'est alors que le sol s'ouvrit avec des coulées de boue puis de lave bloquant les mouvements du reptile qui perdit alors trois queues pour protéger ses têtes. Mais il continuait pourtant à foncer sur le Dieu immobilisé par l'incantation qui n'était pas encore achevée.
Tout s'arrêta l'espace d'un instant puis Susanoo se mit à briller avant d'utiliser toutes ses forces dans un ultime éclair frappant le ciel orageux. La terre n'était désormais plus que boue et lave durcie, ralentissant les mouvements du serpent. Les eaux montèrent subitement jusqu'à atteindre la moitié de l'épaisseur du serpent, permettant par là même à la foudre d'électrocuter le monstre à pleine puissance afin de le sonner suffisamment longtemps pour que Susanoo puisse lui trancher deux autres têtes côte-à-côte en marchant naturellement sur l'eau.
Une troisième gueule s'était noyée pendant l'inondation tandis que les trois queues lui restant foncèrent sur Susanoo et l'enserrèrent jusqu'à ce qu'il s'évanouisse, son corps fut alors jeté dans l'une des deux gueules encore de ce monde. Dans l'œsophage de la bête, il se servit d'une bourrasque de vent pour faire éclater son corps de l'intérieur. En sortant, il déchira une queue avec son épée et la lança dans une deuxième qui fut transpercée et déchiquetée mais l'arme y resta bloquée.
Les deux créatures se faisaient ainsi face, Yamata-no-Orochi n'ayant plus qu'une seule queue et qu'une seule gueule tel un serpent géant. De cet ultime assaut dépendrait l'issue de ce combat titanesque.
Sa vision s'estompa alors que Nakajima le soutenait à bouts de bras pour l'empêcher de tomber.

Les deux amis discutèrent de cette vision durant quelque heure jusqu'à ce que deux heure du matin sonne. Ils avaient pris une décision et en assumeraient les conséquences : la créature prisonnière de la relique semblait revenir à la vie et cela était inacceptable. Nakajima alla parler de vive voix avec le patriarche du temple. Ce dernier considéra longuement les allégations de ce prestigieux hôte puis conclut que l'objet devrait être gardé sous bonne garde et la cérémonie repoussait jusqu'à ce que les deux hommes puissent avoir fini leur analyse de celui-ci.
La charge de transporter le magatama fut dévolue à Fields ; lors de l'approche de sa main pour le saisir, tous furent écrasés par un Qi d'une puissance monstrueuse. Il ne s'agissait pourtant que de l'aura naturelle de Yamata-no-Orochi qu'il dégageait inconsciemment comme tout être. Les yeux dans les yeux, les deux maîtres accrurent leur aura par la volonté afin de résister à cette agression, mais les autres personnes présentes s'étaient évanouies et quelques secondes de plus eurent probablement suffi à les tuer.
Contre les conseils de Nakajima, Fields s'empara du Magatama et se concentra jusqu'à ce que de nouvelles images lui viennent : le serpent sous forme de simple silhouette d'énergie vitale dans laquelle l'esprit tel une boule de lumière se condensait ; ensuite, ce fut le corps peu à peu qui se formait afin de reprendre l'apparence de la bête avant de se condenser à son tour. Heureusement, Nakajima tira l'homme de sa transe au moment où de la vapeur s'échappait par jets puissants comme des geysers du Magatama, effaçant par là même les gravures les unes après les autres. Le jade commençait à se briser et révéla un objet métallique et rocailleux tel l'artefact trouvé dans le chêne mais ayant la forme du Magatama et des inscriptions distinctes et pourtant si proches.
Fields comprit à l'instant le sens de ces dernières, déjà tantôt il avait formulé l'hypothèse d'un code mais là ce fut plus clair, il s'agissait d'une sorte d'ADN, permettant au corps de la bête endormie de se reconstituer avec l'énergie interne. Celle-ci n'était donc pas seulement l'esprit de la créature mais également l'énergie nécessaire au retour de son corps physique puis à l'ancrage de son corps spirituel dans celui-ci. Ayant soudain compris cela, Fields se rendit compte que le contact de l'objet avec son Qi plus puissant que la normale, encore accentué par sa méditation avait provoqué une réaction en chaîne qu'il serait impossible de renverser ; a seule présence avait accéléré le réveil de l'objet qui devait emmagasiner de l'énergie depuis la formation même de la Terre.
Nakajima, de la même trempe que son ami l'avait tout aussi bien deviné et voilà la raison pour laquelle il déroba la relique et s'enfuit avec un motocycle vieillissant demeuré devant le temple. Fields le poursuivit à toute allure et reconnut le chemin emprunté : il s'agissait d'un raccourci menant à une falaise face à l'océan. Les intentions de son frère d'armes aussi évidentes, Fields coupa le chemin par un petit sentier utilisable uniquement à pied. Nakajima y avait pensé mais l'aura écrasante du Magatama s'intensifiait encore et encore sans discontinuer l'empêchant de plus en plus de respirer. Il parvint néanmoins à accomplir son objectif et à jeter l'objet maudit dans l'océan.

Une pierre métallique toucha les fonds sous-marins alors qu'une épaisse vapeur virant au vert se répandait tel un poison dans l'eau, faisant fuir les poissons et vaporisant l'eau de par son extrême chaleur jusqu'au moment fatidique où des profondeurs apparurent huit serpents monstrueux comme noués les uns aux autres afin de n'en former qu'un seul pire que tous. Ses rugissements atroce firent s'effondrer les roches de la falaise qu'il arpenta aussitôt dans le but de regagner la surface qu'il convoitait tant depuis des milliards d'années. Un village au loin se présenta à ses yeux nyctalopes, un village qui attisa sa curiosité au plus haut point : peut-être les habitants avaient-ils trouvé l'objet de ses convoitises, peut-être pourrait-il enfin l'obtenir... Mais, devant ses yeux implacables se tenaient deux silhouettes, peut-être que... Non, ce n'étaient que deux humains avec des auras assez conséquentes pour ceux de leur espèce mais rien de plus... Il les propulsa en arrière avec une expansion soudaine de son aura qui faillit bien leur briser tous les os du corps.
Détruisant tout le paysage sur son passage et effrayant toutes les créatures de la nature jusqu'aux arbres eux-mêmes qui mourraient sur son passage, il avançait inexorablement vers le village. Une idée géniale germa dans l'esprit des deux hommes cassés ; ils utilisèrent toute leur force pour rejoindre le village menacé par un chemin détourné plus long certes mais loin du monstre qui heureusement ne se hâtait pas, comme s'il voulait prendre son temps avant d'ouvrir un paquet cadeau.
Alors qu'ils allaient y arriver, une aura monstrueuse engloutit toute la région, réveillant toutes les créatures vivant à la surface de la Terre et même en-dessous, dans une marre de sueur. Yamata-no-Orochi semblait fou d'excitation : son ennemi était enfin apparu et leur combat pourrait finalement avoir lieu à la suite de plusieurs milliards d'années enfermés dans de vulgaires cailloux.
Fields comprit tout : Susanoo et Yamata-no-Orochi étaient tous deux liés, comme lui avait été lié au Magatama de Yamata-no-Orochi et le réveil de l'un qu'il avait provoqué entraîna inévitablement le réveil de l'autre qui se trouvait semble-t-il tout près. Telle une fusée, le serpent octocéphale fonça à plusieurs kilomètres du village, assurant involontairement sa sécurité ainsi que celles des deux hommes, en direction du Qi divin qui venait de paraître.
Fields et Nakajima se séparèrent : le premier rejoint le fruit de son erreur pour tenter de la réparer et le second partit prévenir toutes les victimes potentiels de cette catastrophe naturelle imminente. Fields l'avait pressenti mais le combat fut exactement comme dans ses visions : ce combat avait dû être rêvé pendant des millénaires par les deux opposants et aucuns d'eux n'avaient la moindre envie d'y changer le seul clignement d'œil. Fields arriva lors de l'assaut final, alors que les eaux se retiraient, que les éléments s'apaisaient, que le seul bras de Susanoo serrait le poing du peu de force qu'il lui restait mais de toute sa volonté que tout le sang versé n'entachait pas, que le serpent géant reculait légèrement la tête pour préparer sa charge, que leurs yeux enflammés se fixaient sans aucune crainte ni ressentiment.
En un instant ce fut décidé, Susanoo frappa le serpent de toute sa volonté le faisant presque s'évanouir mais ce dernier put tout de même l'écraser de tout son poids puis le dévorer avec avidité.
Le serpent à moitié mort, couvert de sang et traînant les morceaux de chair tantôt rattachés à ses queues et à ses gueules mais toujours rattachés à son corps, se reposa quelques temps. Néanmoins, Fields comprit que cette créature ne verrait plus le soleil se lever ; même si sa fin était nécessaire à la sécurité de tout être vivant à la surface du globe, la mort d'un guerrier aussi noble que ce géant en avait l'air ne pouvait être celle d'un corps meurtri se vidant de tout son sang. Tout son être exigea qu'il mît un terme à ses souffrances lors d'un ultime combat.
Il s'avança lentement en direction d'une queue tranchée dans laquelle trônait l'épée Kusanagi, concentrant toute sa force dans ses jambes, il bondit tel un fauve à plus de trente mètres de hauteur puis escalada le reste à mains nues. Arrivé au sommet, il tira à s'en déchirer les muscles et parvint à brandir l'épée du Dieu. Sa lame était parfaite, tout simplement parfaite, elle eût pu découper du diamant sans effort et pourtant avait du mal à transpercer l'animal, de même sa légèreté, sa souplesse et sa maniabilité s'avéraient inconcevables pour une arme aussi massive.
Fields s'approchait petit à petit de son ennemi éreinté et pourtant titanesque encore. Le serpent sentit son Qi mais son aura avait perdu tout éclat, comme son Qi d'ailleurs, et ce duel aurait donc lieu entre son seul corps physique ensanglanté et cet humain assez doué, sans oublier évidemment leurs deux volontés inébranlables. La créature se redressa pour fixer dignement l'homme qui s'arrêta devant lui, enfonçant l'arme divine dans la roche telle un sceptre, le vrai combat entre l'homme et le monstre allait pouvoir commencer.

La créature cracha un puisant jet de venin mêlé à son propre sang qui emplissait sa gueule, une simple roulade de côté suffit à éviter de subir le sort de la roche fondant sous les yeux du professeur. Son poison était cependant atténué par le sang et serait bientôt inefficace à cause du temps mais tant mieux, ce serait un combat au corps-à-corps, une belle manière de mourir pour l'un comme pour l'autre. Sa vue floue indiquait au titan que le dernier assaut de son ennemi de toujours avait signé sa fin de toute manière, et elle se rapprochait alors autant mourir de la main d'un guerrier aussi mortel et humain fût-il. Fields vit dans ses yeux un être prêt à mourir et mit lui-même sa vie en jeux.
Se servant de la garde de la relique de Susanoo, il sauta plus haut encore que le serpent et atterrit violemment sur ce dernier ; un genou posé sur la créature, il frappa de son poing en y mettant toute sa ferveur qui plia alors le titan en deux. Retournant adroitement la situation, il se servit de ce choc pour rabattre sa queue sur l'agresseur parvenant malgré tout à rouler sur le côté où il trouva l'abri d'une écaille fissurée. Des vibrations intenses troublèrent ses sens et le firent tomber sur ses avant-bras ; il poussa alors de toutes ses forces sur ses membres et parvint à arracher l'écaille reposant sur son dos. La chair du serpent fut tranchée d'un coup du tranchant de sa main alors que le reptile commençait à se recroqueviller sur lui-même. Alors que Fields allait pénétrer son adversaire pour le briser de l'intérieur, la queue agile du guerrier attrapa l'homme audacieux avec une force largement suffisante pour broyer plusieurs mètres cubes d'acier et néanmoins trop faible pour briser sa colonne vertébrale. La force du captif avait cependant bien trop diminué et tout sa volonté s'avéra sollicitée pour venir à bout de cette prise.
Expectorant des flots de sang, le Maître dont les muscles ardents brillaient s'arracha au démon et s'écrasa brutalement au sol. Tel un jaguar, il traversa les quelques huit cents mètres le séparant de la gueule de l'animal en trente secondes, les pieds en sang, les vêtements déchirés, les côtes brisées, le corps sur le point de céder et l'esprit à deux doigts de l'inconscient, il le fixa droit dans les yeux et se reposa sur l'arme demeurée enfoncée dans la roche comme s'il s'agissait d'une canne. Le serpent esquissa ce qui aurait pu être un sourire ou bien toute autre chose d'ailleurs. Des éclairs frappaient les pupilles de l'homme et de la bête alors que leurs cœurs et leurs souffles ralentissaient, toutes leurs forces se concentraient en ce moment-là dans leurs yeux ; le regard du serpent devint livide : son heure était venue.
Fields tomba alors à genoux sur une pierre titanesque dont il reconnut à l'aube qu'il s'agissait du Magatama de Susanoo fait dans un alliage encore inconnu, comme son sabre. Luttant de toutes ses forces afin de ne point sombrer dans l'inconscience pour garder la vie sauve, plusieurs minutes passèrent comme des heures dans une agonie indescriptible.


Dernière édition par YagamiRaito le Mar 17 Mai 2011 - 22:47, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 17 Mai 2011 - 18:48

SUITE ET FIN

Tout se mit à sonner dans la pièce et Fields se réveilla en sueur, les images de ce combat défilant devant lui, puis il retomba dans un sommeil profond. Lors de son réveil, il se trouvait dans un hôpital austère aux couleurs ternes avec un plateau contenant ce que d'aucuns osent appeler un repas disposé devant lui. Tendant son bras pour saisir un verre d'eau, une vive brûlure irradia l'intégralité de son dos lui faisant lâcher un cri contenu par une mâchoire tétanisée dans un stoïcisme qui était son naturel.
Dans cet environnement d'outre-tombe où son corps le figeait au lit par de vives douleurs, qui, nées dans le dos, envahissaient tout son être, il sombrait dans l'abîme de ses réflexions ; seules ces dernières l'occupaient comme si l'univers autour de lui et son corps même n'étaient que néant. On lui apportait régulièrement ces repas immondes, mêlés à toutes les substances circulant entre lui et les machines, dont le goût ne lui éveillait aucune sensation. Les images du combat lui revenaient sans cesse en tête ; il eût dû être bien meilleur combattant, et terrasser son adversaire sans qu'il soit amoindri, et en ressortir en pleine forme, et encore, et encore les reproches fusaient.
Bientôt, les médecins ahuris devant la vitesse de récupération de leur nouveau patient autorisèrent les visites, Nakajima refusa cependant d'aller voir son ami ainsi alité pour respecter et sa fierté et l'image qu'il en gardait ; bientôt, sa sortie de la clinique fut approuvée.

Dehors, quelques antennes de télévision souhaitaient apprendre les circonstances exactes de ce tsunami de faible intensité ayant failli emporter la petite ville portuaire que deux célébrités locales contribuèrent à préserver. La fausseté de cette version officielle n'était connue que des villageois, amis fidèles de Nakajima et de son ami à la réputation impeccable. Le cadavre monstrueux avait été dissimulé à l'abri de tous grâce aux efforts communs de ces humbles compagnons.
La décision de Fields était prise : il allait se préparer à la guerre.

Suivant ses dernières instructions lucides, Nakajima avait pris le Magatama de Susanoo et récupéré celui de Yamata-no-Orochi avec l'aide du pêcheur connaissant le mieux la zone de la chute. Ces deux objets furent nommés par ce code : Murakumo. Fields pensait qu'il serait bon d'étudier ces artefacts, principalement pour savoir si ces créatures pourraient éventuellement réapparaître d'une manière quelconque, à la manière d'un clonage si l'on peut dire.
Une étude peu approfondie permit de déterminer l'absence totale d'énergie résiduelle, ce qui prouvait que toute l'énergie en réserve servait donc à invoquer la créature contenue par le Magatama, impliquant l'unicité d'une telle catastrophe. Néanmoins un véritable travail devait être effectué et seul le laboratoire personnel du Directeur de Recherche Fields en possédait les capacités, par la présence de ce dernier parmi les chercheurs, d'ailleurs.

Fields provoqua un fou rire chez son camarade ; en effet, c'était tout à fait son genre de vouloir à nouveau combattre des créatures capables de rayer une mégapole de la carte d'un seul geste. De toute manière, tout prétexte put être bon pour justifier un entraînement plus intense.
Fields se remit en effectuant beaucoup de méditation, de mouvements lents et surtout, des enchaînements martiaux. Ses forces furent entièrement récupérées en quelques heures par la pratique du qi-gong. Une ardeur toute nouvelle naquit en lui ; ce nouvel entrain induisit deux semaines supplémentaires à Okinawa, loin de ses recherches, fait surprenant. Nakajima se joignit évidemment à ses séances.
À leur niveau actuel, seuls volonté et esprit amélioraient réellement leurs facultés ; leurs corps dépassaient en effet largement les capacités normales d'un homme.

Ils s'entraînèrent plusieurs jours, le temps nécessaire à la préparation des funérailles de Yamata-no-Orochi ainsi que de son adversaire vaincu ; en effet, le récit de sa fin toucha tout le monde sans la moindre exception et il fut ainsi décidé de lui rendre un ultime hommage, l'hommage d'un guerrier mort la tête haute. À la suite de cette grande cérémonie, Fields mit ses plans à exécution : il avait décidé de refaire son "pèlerinage" martial, du Japon à l'Inde en traversant par la Chine afin de remonter le temps des arts martiaux, entraînant corps, technique et esprit ; il rentrerai ainsi en France à pieds en suivant cette route ce qui lui prendrait un peu moins de deux mois. Avant son départ, il combattit une dernière fois Nakajima mais dans un véritable duel cette fois-ci.
Salut, en garde... deux silhouettes floues disparurent tandis que des flots d'air chaud éclataient çà et là dans des fracas colossaux. Les deux hommes se faisaient à nouveau face, alors que Nakajima frappait le vide devant lui avec le sabre externe de ses mains, les sifflements stridents provoqués semblaient déchirer la chair de son adversaire. Se mettant dans une position défensive avec tous ses muscles contractés, les plaies se refermaient presque aussi vite qu'elles apparaissaient, plus vite, plus vite encore... jusqu'à ce que plus rien n'arrive. Au même instant, les deux hommes se trouvaient ailleurs en train de lancer et de bloquer dans les mêmes mouvements des attaques capables de fendre le sol, la distance entre eux n'était que de quelques millimètres seulement, leurs visages se touchant presque. L'image précédente s'effaça : leurs déplacements étaient si rapides qu'on pouvait difficilement distinguer leurs deux chairs l'une de l'autre et encore moins avoir l'honneur de voir leurs techniques. Leurs corps respectifs semblaient avoir atteint les limites de leur art bien qu'en réalité, ils avaient toujours un long chemin à parcourir avant d'espérer pouvoir affronter un véritable Maître antique ou encore pire, une autre créature titanesque issue d'un Magatama étant donné que la simple aura de l'un d'eux les avaient tellement atteints qu'ils n'avaient pas pu faire usage de leur énergie vitale durant plusieurs heures.
Leurs corps ne pouvaient plus progresser avant d'avoir maîtrisé esprit et énergie ce qui serait leur prochaine tâche, et tous deux en étaient conscients. En un regard, ils décidèrent d'un ultime assaut pour achever ce combat très égal : ils se touchèrent tout en parant l'attaque de l'autre, la déviant légèrement de la zone vitale visée par chacun. Le combat serait donc une égalité. Les deux guerriers enduits de sueurs et de sangs, appartenant à chacun, se félicitèrent mutuellement.


MANGROVE Cyril, 57 ans, Capitaine de police. Après une carrière tout à fait banale au sein du corps de son métier, il se retira dans une petite retraite honorable. Du moins, c'est bien ce qu'il croyait pendant un temps, jusqu'à ce qu'il voit son compte en banque. Sa femme était morte peu de temps auparavant et sa fierté l'empêchait de demander un quelconque soutien à ses enfants. Il contacta un ami, travaillant désormais dans le privé, pourchassant quelque mari infidèle pour une somme substantielle ; le seul travail qu'il put lui proposer concernait une surveillance et autre chose... Il vit une ombre étrange devant laquelle les lampadaires éclataient et ses collègues du soir en profitèrent pour pénétrer l'université. Il décida finalement de les rejoindre...

Fields se retrouvait face à l'université qu'il avait quittée il y a de cela plusieurs mois, néanmoins, personne ne semblait avoir été surpris ni par son départ ni par son retour. Plusieurs jours durant il enseigna et s'entraîna jours et nuits : à la suite de certaines pratiques yogiques semble-t-il, il lui était dorénavant inutile de dormir ; vint alors ce jour où un auditeur inattendu se trouvait dans son cours. Quoi de plus inattendu que de voir le visage d'un homme qui s'est fait dévorer par un molosse à trois gueules, si ce n'est bien sûr de voir toutes ses victimes réunies en un seul endroit et bien vivantes.
Agissant comme d'un rien, ils allèrent discuter avec Fields pour le questionner sur ses "vacances", lui demandant si cela l'avait assez détendu. Ce dernier attrapa l'un d'eux et lui écrasa le crâne sur le tableau noir que plus personne n'était là pour admirer, à part nos compères évidemment. Les autres ne bougèrent pas d'un pouce alors que le costume de leur ami se couvrait d'un sang noir étrange... d'un sang coagulé. Cette chose qu'il tenait dans la main n'était pas un homme, c'était un cadavre contenant autre chose.
Les entrailles des quatre hommes giclèrent de toute part, leurs muscles se déchirèrent et dans des ricanements ignobles, quatre choses humanoïdes en sortirent. Il s'agissait de créatures grotesques et moribondes à l'aspect effilé. Plusieurs déchirures transpercèrent l'air paisible pour ne pas dire mort de l'amphithéâtre. Prises d'une colère noire, elles chargèrent le professeur désarmé qui lança quelques bons coups mains ouvertes à travers la pièce qui propulsèrent la poussière remplissant les corps de ces calamités partout au sol déchiré par les attaques du guerrier.
Les mouvements étranges de ces choses l'empêchait de les viser correctement avec ses poings hors il ne pouvait pas se permettre de détruire tout le bâtiment. D'une roulade, il se retrouva de l'autre côté de son bureau à l'opposée l'unique sortie de la pièce ce qui lui coupa toute retraite possible, retraite qu'il n'aurait jamais souhaitée.
La tête hideuse, chauve, grise et ridée comme un vieillard aux portes de l'outre-monde, dont les deux yeux noirs et ternes brillaient d'une haine viscérale, tomba au sol dans un cri immonde et pitoyable. La main droite du scientifique venait de frapper horizontalement l'espace s'ouvrant à ses yeux. Les démons aux membres effilés à la fin desquels les phalanges ressortaient, semblables à des griffes, hurlèrent en chœur tels des loups.
Il rapprocha ces horreurs des goules perses que l'on trouvait dans la mythologie et devina donc le poison coulant sur ces griffes. D'un seul mouvement, les démons arabes attaquèrent l'homme acculé contre le mur qui s'affaissa au sol dans un mouvement soudain. Sa jambe virevolta et plusieurs autres tombèrent sur un sol couvert de poussière. Les chances de survie de ces charognards étaient dès lors nulles, du moins c'est ce que Fields croyait.
Leurs jambes et leurs corps se réunirent en se servant de la poussière répandue au sol, il en était de même pour la tête tranchée quelques instants plus tôt. Il devint évident qu'avec de simples attaques physiques, il serait impossible d'éliminer ces morts-vivants. Ses paumes rougirent à vue d'œil alors que l'air vibrait comme lors d'un mirage. Les goules passèrent à la vitesse supérieure : elles se déplaçaient à très grandes vitesses utilisant des mouvements digne de la meilleure boxe de l'homme ivre couplée avec des corps si fins qu'on pouvait parfois avoir du mal à les discerner. Alors que trois d'entre elles asseyaient leur proie, la quatrième se nourrissait des cadavres dont chacun sortait avant le combat.
Lorsque toutes les créatures furent rassasiées, elles firent pousser leurs griffes, ou bien phalanges ainsi que leurs crocs semblables à des aiguilles et disparurent dans les airs. Des griffures et des trous apparaissaient de manière totalement hasardeuse de toute part. Plusieurs coups frappèrent Fields, bien que sa peau ne put pas être transpercée par de telles attaques, ces dernières devenaient de plus en plus rapides et donc atteindraient vite la puissance nécessaire.
« M. CYPHRE ? »
L'élève avec lequel il avait pris l'habitude de parler venait juste de pénétrer dans la salle. Épaule droite, index gauche, genoux, poitrine... Avant que tout son sang ne soit versé, la silhouette de son maître apparut devant ses yeux. Rassemblant toute son énergie, Fields donna plusieurs centaines de coups de paume devant lui ayant pour conséquence la destruction totale de toute chose à l'intérieur de sa salle de cour sous l'effet de bourrasques de vent chauffé par ses paumes. Les démons meurtris avaient été immobilisés quelques secondes par cette technique, le temps nécessaire à l'artiste martial pour en tuer trois. Ses coups vaporisaient littéralement les créatures.
L'ultime adversaire s'empara de l'élève tombé inconscient à la suite de ses blessures.
Une voix gutturale presque incompréhensible fut vomie par la chose. Une menace difficilement compréhensible à l'encontre de son étudiant pour qu'il sacrifie sa vie en échange fut proférée mais l'enseignant resta de marbre face à de tels propos.
Un pilier s'effondra derrière le preneur d'otage, un coup de pied bas de son adversaire venait de lui réduire les membres inférieures en simple vapeur alors que ce roc tombait inexorablement sur son corps. En un éclair, le corps du jeune homme changea de mains.

La surprise de la goule n'était point étonnante, contrairement au geste de Fields. Une chose à savoir sur lui : depuis déjà quelques décennies, bien qu'il ne prît jamais de décision hâtive, il n'avait jamais hésité une seule seconde ; de plus, nul sentiment ne vint obscurcir son jugement car quels qu'ils soient, agréables ou pénibles, ils voilent l'esprit et empêchent toute lucidité. Entre une mort probable et deux morts certaines, aucune raison n'eût pu pousser un homme raisonnable à choisir la seconde option si ce n'est quelque stupide sentiment de culpabilité.
Sous les insultes et les ricanements abjectes du démon, la jambe de son bourreau s'abattit et ne laissa qu'un cratère fumant dans le couloir de l'université.

Il emmena promptement l'enfant dans son bureau pour lui faire des premiers soins afin de cesser toute hémorragie ; le violent balayage de son enseignant trancha net l'artère fémorale mais épargna heureusement son membre. Un grondement soudain fit trembler tout l'établissement alors que les flammes jaillirent dans le couloir : le bureau du Docteur CYPHRE venait d'être réduits en cendres par un attentat à la bombe.
Furent retrouvés dans les décombres deux corps calcinés non identifiables. La responsabilité de cet attentat n'a encore été revendiquée par aucune cellule terroriste ; il semblerait néanmoins que les recherches en biologie effectuées par l'université soient la cause de ce terrible drame. Rappelons qu'il a coûté la vie à un jeune étudiant ainsi qu'à son professeur de Mathématiques. Leur présence sur les lieux restent cependant à mystère puisque tous les élèves avaient déjà quitté les lieux lors des évènements. Un jeune homme de 20 ans donc et son professeur de 43 ans, tous deux retrouvés entièrement calcinés. Nous retrouverons bientôt en duplex, la famille du garçon ; rappelons également que M.CYPHRE, éminent Directeur de Recherche, était célibataire, sans enfant et sans famille proche.
Les télévisions nationales reprirent l'évènement quelques jours et conclurent officiellement à un attentat terroriste orchestré par une cellule quelconque offusquée par les recherches scientifiques en biologie, notamment sur le clonage...

Toute cette histoire depuis le vol avait mené le pauvre homme six pieds sous terre.



Merci, si vous avez lu tout ou partie de ce premier chapitre, de me laisser vos commentaires.


Dernière édition par YagamiRaito le Mer 18 Mai 2011 - 0:28, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Watcha
Admin
avatar

Masculin Messages : 1329
Date d'inscription : 18/10/2009
Age : 30

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 17 Mai 2011 - 21:44

Bonjour,

je n'ai lu pour l'instant que la partie contenue dans le premier message.

Je commence par le négatif pour finir avec le positif.

Sur le tout début du roman (jusqu'à "Rassuré par cet élément inébranlable, notre professeur de mathématiques retourna fièrement trôner à son bureau afin de reprendre des calculs d'une complexité et d'une utilité toutes autres."), le style est quelque peu, comment dire... trop lourd, mais cela semble s'améliorer grandement au fur et à mesure de l'écriture, c'est toujours un style relativement élaboré sans pour autant tomber dans les excès du début.
Au début, il y a quelques fautes (d'accord principalement), mais cela reste tout à fait honorable.

Le seul autre point négatif concerne les cent-vingt kilomètres par heure, ce qui, pour autant que je sache, même pour une personne très bien entraînée aux arts martiaux et/ou à la course, n'est pas possible pour un humain sans pouvoirs spéciaux.
Si tu considères que le record mondial du 100 m est de 9.58 secondes, et que tu arrondis à 9 secondes pour "compter large", cela fait quarante kilomètres par heure...

Venons-en au positif : le début devient très vite captivant, je crois que c'est l'une des meilleures "entrées dans le vif" que je n'ai jamais lu.
Le style, après les lourdeurs du début, devient meilleur, voire très bon, avec l'avancée de l'intrigue.
Le scénario, pour ce que j'en ai lu jusqu'à présent, me semble intéressant.

Je ne manquerai pas de continuer à lire et à commenter (n'hésite pas à me relancer d'ici quelques jours si je n'ai pas commenté la seconde partie d'ici là).

En tout cas, pour l'instant, malgré quelques défaut, je crois que je vais prendre beaucoup de plaisir à cette lecture.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 17 Mai 2011 - 22:44

Ah, je croyais l'avoir dit mais j'ai dû le retirer de mon intro : j'essaie de faire comme HnK ou Kenichi (entre autres), c'est-à-dire des bases martiales réelles mais avec une exagération des capacités physiques réelles, comme Kenshirô capable de balancer un type à travers toute une ville, d'un seul bras bien sûr. Je parle de ces deux manga par opposition à Dragon Ball par exemple où les personnages volent et tout le reste.
De toute manière, il combat parfois des créatures titanesques, même si à part Yamata-no-Orochi qui est dans la deuxième partie, c'est surtout en terme de puissance.
D'ailleurs les 120 km/h, je peux expliquer : YnO fait de mémoire 800 mètres, alors je devais bien faire courir Fields vite pour que ça ne paraisse pas trop long.

Pour le style, j'ai dû ré-écrire 4-5 fois, d'ailleurs les premières fois, l'histoire commençait directement dans le bureau de Fields la nuit. Je ne suis jamais pleinement satisfait de moi, ce qui est bon et mauvais à la fois puisque je reste longtemps sur les chapitres.

En conclusion, je parlerai des fautes (d'accord principalement) : je suis le seul à reprendre mon travail et généralement peu de temps après l'écriture, il est donc tout à fait possible qu'il y ait des fautes (parfois assez graves peut-être). Tant qu'elles ne gênent pas la lecture je ne considère pas cela problématique même si j'élimine méticuleusement toute faute que je rencontre ou qu'on me présente.

J'espère avoir répondu correctement à ton message.

J'espère également que tu ne seras pas déçu par la suite.
Revenir en haut Aller en bas
Watcha
Admin
avatar

Masculin Messages : 1329
Date d'inscription : 18/10/2009
Age : 30

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 17 Mai 2011 - 23:35

Je lirai logiquement la suite demain ou après-demain, en attendant, je peux dire que tu as correctement répondu à mon message.

Et j'apporte une précision à mon commentaire précédent à propos du style, je ne sais pas si il y a eu confusion, mais je parlait non pas de la narration proprement dite, ni de l'ordre des phrases ou des passages (là, rien à redire du tout) mais de certaines tournures de phrases.
Ce que je voulais dire, c'est qu'au début, certaines tournures sont comment dire, trop élaborées, (j'ai du mal à exprimer ce que je veux dire), ce qui donne un style d'écriture un peu trop précieux.

Mais ça ne concerne que les deux premiers ensembles de paragraphe, après le style devient plus "naturel", voire même très bon.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mer 18 Mai 2011 - 0:00

Je t'ai bien compris sur le style. Ce que je voulais dire c'est que certaines parties sont parfois plus récentes, donc certainement plus "brut", je les ai moins retravaillées que d'autres. Ce qui explique que le style puisse être différent, de plus j'ai toujours eu du mal à faire des phrases courtes ce qui pourrait avoir tendance à accentuer cet effet dont tu parles. Il ne faut pas oublier aussi que ça dépend des jours : à parfois deux semaines d'intervalles, je peux changer d'écriture, et il y a des jours sans et des jours avec. Après tout, je ne suis pas un grand auteur, ni même un auteur professionnel... Même si j'essaie de respecter une certaine qualité.
Revenir en haut Aller en bas
Daisuke
Modérateur
avatar

Féminin Messages : 1470
Date d'inscription : 22/11/2009
Age : 23
Localisation : Digital World

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mer 18 Mai 2011 - 15:05

J'ai lu les deux premières parties et commencé la troisième.

Les quelques critiques et questions que j'ai à émettre sont subjectives et ne porte pas préjudices à la qualité de ce que nous à montré (disons que je retrouve dans tes textes certaines facheuses habitudes que j'ai également.):
_Certaines phrases sont trop surchargées
_L'influence des manga sur ton récit est nettement visible mais est ce que la personne qui lit un roman ne cherche pas autre qu'un texte qui reprend les codes du manga ? Ton avis sur la question m'interesse car j'ai également ponctuer mon futur roman de référence et j'aimerais savoir si ça ne dérange pas la personne non initier.
_Le héros déjà très doué en art martiaux capable de vaincre des monstres à l'aide de sa seule force dés le début du récit , certains aiment bien , mais personnellement je préfère quand le personnage évolu au cours de l'histoire (partir d'un anti-héros et le transformer petit à petit).

Voilà, sinon le scénario et interessant tout comme le bestiaire que tu nous présente et je serais contente d'en apprendre plus sur ton projet.

_________________
‘Der Krieg wird nur das Schlechteste in uns zum Vorschein bringen’
(Friedhelm Winter - Unsere Mütter unsere Vater)
‘Fear is poison in combat. Something we all felt but you just didn't show. You can't. It's destructive and it's contagious’ ( Carwood Lipton - Band of Brothers)
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mer 18 Mai 2011 - 15:40

Ta question est très intéressante car j'ai moi-même pensé un temps en faire un manga mais je préfère l'écriture. Évidemment j'aurais fait appel à un dessinateur vu que mon talent au dessin se limite à faire des brouillons ou des personnages statiques.
De toute manière, il serait futile de cacher mon inclinaison pour le genre.
Tout comme j'ai lu des manga pouvant parfaitement donnaient lieu à des romans, j'ai lu l'inverse également. Personnellement cela ne me dérange pas du tout, mais ça dépend des goûts de tout le monde. Le mélange des genres et des codes est souvent profitable aux œuvres, quand il est bien fait. Tout est dans la manière d'écrire (ou pour un manga d'agencer les cases et les bulles...) qui fera que c'est vraiment un roman ou juste un manga version écrite, voire le contraire : un manga ou juste un roman avec des images.
Ce qui compte c'est la forme ! Le fond qu'on passe d'un roman, à un manga, à une série voire à un film, ne change pas : l'histoire racontée est la même ; on modifie seulement la forme, la manière de raconter cette histoire.


Pour le héros déjà très doué, ça ne suffit pas du tout pour lui permettre de vaincre : YnO l'aurait tué sans combattre s'il n'avait pas subi les assauts de Susanoo. Donc, il va tout de même évoluer, néanmoins si je devais classer le roman comme un manga, je le mettrais dans la catégorie Seinen et non Shônen.
On ne voit pas le parcours initiatique d'un jeune homme qui devient super fort, confronté à divers obstacles. J'avais besoin de raconter une histoire assez sombre tout de même, une histoire d'adultes.
On maîtrise les arts martiaux en plusieurs dizaines d'années, même si j'exagère la réalité, je respecte ce genre de choses : un type ne passe pas de quidam moyen à génie du combat en trois ans, alors ça aurait fait traîner l'histoire.
Surtout qu'un homme plus ou moins inexpérimenté au début aurait conduit à une mort prématurée de ce dernier dans le début du chapitre 1.

Je peux comprendre qu'on préfère les Kenichi, Naruto, Ichigo et autres, mais je préfère partir d'un combattant expérimenté (un peu dans le genre de Ken évidemment, mais aussi d'autres personnages souvent de manga peu connus) qui le deviendra encore plus. Quelqu'un qui a déjà un lourd passé qui sera exposé au fur et à mesure. Par exemple, son amitié avec Nakajima est liée à une histoire datant de dix ans, un souvenir pénible.


Je finirai par l'écriture : je me confesse sur ce point, mais je ne sais vraiment pas écrire autrement ; j'essaie de rendre les phrases le plus agréable à lire possible ensuite, je ne peux qu'espérer que ça marche, sinon je re-travaille encore.

En espérant avoir répondu clairement, sans n’embrouiller.
Revenir en haut Aller en bas
Daisuke
Modérateur
avatar

Féminin Messages : 1470
Date d'inscription : 22/11/2009
Age : 23
Localisation : Digital World

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mer 18 Mai 2011 - 17:50

Tu as répondu clairement ne t'inquiète pas.

_Je suis d'accord sur le fait que le fond reste le même, et que seul la change forme, mais pour les personnes qui ne connaisse pas forcément la mythologie japonaise (comme tu fais référence à Susanoo) est ce que des références trop nombreuses ne risquent pas de réduire le lectorat ? (Personnellement ça ne me derange pas, mais j'essaye de me mettre dans la peau d'un néophyte).

_Oui j'ai remarqué que Susanno intervient un peu comme un deux ex machina ce qui prouve que le héros n'est pas surpuissant malgré ce que peut laisser penser la lecture du premier chapitre, je comprend que tu préfère te concentrer sur ton récit et partir avec un héros répondant déjà à ce que tu attend de lui, après comme je l'ai dit ma préférence pour les anti-héros est tout à fait subjective. Aprés il faut éviter d'en faire trop mais bon seul le reste du roman nous apprendras ce qu'il en est.

_Pour l'écriture ce n'était pas un proche car j'ai également tendance à faire des phrases trop longues, mais un constat.

_

_________________
‘Der Krieg wird nur das Schlechteste in uns zum Vorschein bringen’
(Friedhelm Winter - Unsere Mütter unsere Vater)
‘Fear is poison in combat. Something we all felt but you just didn't show. You can't. It's destructive and it's contagious’ ( Carwood Lipton - Band of Brothers)
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mer 18 Mai 2011 - 19:02

Pour la mythologie, j'ai moi-même une certaine inclinaison pour ce domaine (nordique, japonaise, même hébraïque) et j'avais pensé à mettre des notes peut-être pour expliquer les mythes.
Pour donner une idée des "créatures" rencontrées : Cerbère, Susanoo, Yamata-no-Orochi, Goule, Succube, Incube, Jinn, Thor, Eris, Lilith...
Donc, si vous voulez des notes, assez petites, pour présenter les divers mythes auquel je fais référence : aucun problème.


J'ai un petit dilemme que je vais essayer d'exposer aussi clairement que possible.
Comme je l'ai mentionné, il y aura (dans le chapitre 3), incube(s) et succube(s).
Or, ma vision d'eux, est celle de vampires réalistes, au sens que dans la vraie vie il y a deux formes de vampirisme (à part les chauve-souris qui se nourrissent bien de sang).
- Un qui est assez proche du harcèlement en fait, puisqu'on se "nourrit" de son emprise sur quelqu'un, pour faire très court.
- Et l'autre, présente en yoga, en qi-gong... qui concerne l'absorption de l'énergie sexuelle (qui est la même que l'énergie vitale en réalité) au court de l'orgasme. C'est évidemment cette version que j'ai prise puisqu'elle se rapporte aux AMs et ressemble à ces deux démons, même si j'ai exagéré en disant implicitement que leur méthode vidait peu à peu la personne de sa vie, alors que ce n'est pas le cas dans le yoga évidemment.
J'ai essayé de rester soft, un peu comme le fait une série TV avec les scènes de sexe ; mais je ne sais pas si vous, personnellement, vous vous sentiriez mal à l'aise à lire ça. D'accord, je n'ai pas encore publié ces parties, mais si vous aviez des conseils, ça m'aiderait.
Comme j'ai dit, c'est comme dans les séries TV, genre Game of Thrones qui passe en ce moment, c'est-à-dire qu'on ne voit rien mais que c'est explicite.

Je me suis auto-censuré sur une scène parce que ça partait vraiment dans le "hentai" pour parler manga, et je n'en ai pas spécialement envie, mais j'ai laissé les scènes softs dont j'ai parlées pour comprendre l'histoire tout de même.

Je trouve néanmoins amusant qu'il y ait des scènes où les entrailles recouvrent le sol, et qu'ensuite j'interroge sur ce genre de chose. Mais j'avais vraiment envie d'avoir vos sentiments là-dessus, parce qu'autant la violence peut ne plus choquer aujourd'hui, autant du sexe (des viols dans ce cas précis, avec Incubes et Succube) peut mettre extrêmement mal à l'aise.

Si vous avez un avis sur cette question précise...
J'espère être bien compris (c'est ma hantise dans les forums : qu'on comprenne mal mes messages...)
Revenir en haut Aller en bas
Daisuke
Modérateur
avatar

Féminin Messages : 1470
Date d'inscription : 22/11/2009
Age : 23
Localisation : Digital World

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mer 18 Mai 2011 - 20:18

Les notes en bas de page ou un glossaire des créatures peut êtres une bonne idée pour ceux qui ne connaissent pas.

Personnellement, écrire une scène avec des boyaux, des du sang et des macabés pas de problème par contre pour les scènes de sexes une grande hésitation, après ça dépend des personnes. Aprés si tu te débrouille bien les passages peuvent êtres agréables à lire (recours à des métaphores, et autre figure de style) et apporter un plus au récit.

_________________
‘Der Krieg wird nur das Schlechteste in uns zum Vorschein bringen’
(Friedhelm Winter - Unsere Mütter unsere Vater)
‘Fear is poison in combat. Something we all felt but you just didn't show. You can't. It's destructive and it's contagious’ ( Carwood Lipton - Band of Brothers)
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Ven 20 Mai 2011 - 8:12

Finalement, je pense pouvoir, sans changer l'histoire évidemment, réduire presque à néant ces scènes ; je verrai ce que ça donne.

Sinon, voici les annexes mythologiques du premier chapitre. Je les mettrai désormais à la fin de chacun s'il y a lieu, mais on peut tout à fait les lire avant : ça ne dévoile rien de l'intrigue si ce n'est les créatures susceptibles d'apparaître.
J'essaie de ne retenir que ce qui est pertinent : s'il y a plusieurs versions du mythe, je m'attarde sur celle que j'utilise.
Mais je garde les détails utiles : le saké pour saouler et tuer YnO qui sert dans mon récit à enflammer ce dernier.

ANNEXE MYTHOLOGIQUE

Chapitre Premier : Un simple larcin peut mener très loin


Cerbère est le chien tricéphale enchaîné à la porte des Enfers grecs ; il laisse entrer l'esprit des morts mais leur empêche toute sortie, de même tout être vivant essayant de passer sera déchiqueté par les crocs affamés de la bête. Il serait aussi bourreau des Enfers chrétiens selon Dante, pour lequel il tourmente les gourmands du troisième cercle infernal en dépeçant, écorchant et griffant les damnés écrasés sous une pluie torrentielle perpétuelle, tel un énorme ver à l'appétit gargantuesque.

Excédée par les espiègleries de son frère, la déesse du Soleil Amaterasu se réfugia dans une grotte pour priver le monde de sa lumière ; trompeurs, les dieux parvinrent à attirer la vaniteuse à l'extérieur mais elle n'accepta de demeurer aux cieux qu'en échange de l'exil du responsable de sa colère, sur Terre. Ainsi Susanoo traversa le monde jusqu'à Izumo où son voyage fut interrompu par une vision divine ; une jeune femme du nom de Kushinada dont les huit soeurs avaient été dévorées par un monstre de la région s'apprêtait à subir le même sort jusqu'à l'arrivée de ce cavalier. Contre la promesse d'avoir sa main, Susanoo prit la responsabilité de débarrasser les fermiers de ce serpent immonde, Yamata-no-Orochi, une bête dotée de huit queues et huit gueules. Son corps s'étendant sur huit vallées et huit montagnes se couvraient de forêts entières dans lesquelles coulaient des rivières de sang entre ses chairs incandescentes.
Il disposa ainsi un piège. Lors de son arrivée, la bête trouva du saké et le but jusqu'à être saoul, le moment exact où le dieu japonais des tempêtes frappa pour lui trancher têtes et queues avec une facilité déconcertante vu son état d'ébriété. Néanmoins, son épée Totsuka se brisa dans la dernière queue sur une lame devenue ensuite légendaire ; il s'agissait de l'épée Kusanagi, aussi appelée Murakumo.
Intelligent, le frère offrit cette arme à Amaterasu afin de gagner son pardon avant de finalement épouser la belle Kushinada.

Engeance du démon, les goules perses sont des créatures métamorphes traînant particulièrement dans les cimetières où elles se nourrissent de la chaire pourrissante des cadavres.
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Ven 20 Mai 2011 - 10:59

Il est peu probable que les autres chapitres sortent aussi vite, mais j'ai fini celui-ci ; je l'ai corrigé pour retirer le plus de fautes possibles (parfois monstrueuses, j'avais écrit "au" au lieu de "haut") mais comme je suis à la fois auteur et correcteur, ce n'est pas facile.

En espérant ne pas décevoir par rapport au premier chapitre.

Chapitre Deux : Ce bas monde est donc si corrompu


Nakajima était effondré par la mort de son ami, tout du moins par la manière dont il périt ; comment un homme pareil aurait pu succomber à une attaque aussi simple. Seulement deux jours s'étaient écoulés depuis l'annonce nécrologique et il faudrait rapidement prendre les dispositions nécessaires à la reprise du dôjô. Nakajima s'occupait évidemment des lieux en l'absence de son collègue, mais son rôle se cantonnait en réalité à suivre le programme d'entraînement édifié par Fields qui revenait lors des nombreuses vacances scolaires. Et l'enseignement véritable nécessite des capacités toute autre que la simple connaissance, capacités qui doivent s'acquérir au prix d'un long travail et d'une expérience pratique.
Les élèves de son ami demeureraient probablement en noir encore trois, peut-être quatre jours. Avant cette échéance, tout devait être prêt et Nakajima opérationnel. Malgré ses années d'expérience au combat, affronter les paperasseries sonnerait peut-être son glas. Presque deux heure du matin quand il renferma finalement les documents auxquels il avait affaire.
Nakajima s'apprêtait à aller se coucher tandis que des coups retentirent à la porte. Notre camarade changea alors de direction et descendit de l'étage pour ouvrir à ce visiteur impromptu avec une bonne idée en tête de ce qu'il lui ferait si ce n'était pas important. Une flaque inonda l'entrée à l'endroit où se trouvait un homme entièrement nu recouvert d'un vieux manteau en lambeaux, exhalant une forte odeur indiquant qu'il revenait d'une longue nage.
« Fields... !!! »
Sous le choc de son ami, le Docteur entra sans attendre une invitation pouvant peut-être ne jamais venir. Son entrée accompagnée de quelques sarcasmes concernant, et sa mort et sa tenue grotesque ranima la demeure qui semblait comme morte en son absence. Ayant lui-même bâti l'endroit de ses mains, ces deux entités n'en formaient qu'une, ces murs renfermaient plus de dix ans de sa vie en leur sein.
Le premier réflexe de Fields ne fut pas de répondre aux questions déferlantes de son hôte, bien au contraire, il se précipita sur le garde-manger qui ne garda absolument rien. Ce repas hâtif précéda une longue douche chaude dans laquelle se perdirent des algues et autres crustacés bien encombrants. Enfilant finalement le kimono noir marqué par cinq fois de l'emblème de son dôjô, l'homme épuisé se reposa sur quelque coussin disposé près de la statue figée qu'était devenu son camarade.


FIRMIN Bastien, 20 ans, Étudiant en troisième année de Licence Mathématiques et Informatique. Depuis toujours attiré par les nombres, Bastien n'en demeurait pas moins un jeune homme comme les autres aux priorités bien terre-à-terre. Malgré ses sorties peu fréquentes et son travail conséquent, il se retrouva incapable de décliner l'invitation à une certaine fête, l'anniversaire d'une amie connue au collège. En un seul verre de punch, le mathématicien en herbes sombra dans l'ivresse, certes peu prononcée mais accentuée par son manque d'expérience évident dans ce domaine. Anne-Lise vint alors aider son invité à rejoindre un endroit calme et reposant, comme sa chambre, par exemple...
Manque d'expérience n'est en aucun cas synonyme de stupidité et le garçon savait très exactement ce qui allait inexorablement se produire. Son cœur battait assez fort pour faire trembler tout son corps duquel suintaient de lourdes gouttes de sueur. La jeune fille blonde splendide, engagée dans des études de lettres, montrait une assurance quelque peu effrayante mais ses yeux trahissaient une légère fébrilité alors qu'une larme perlait lentement sur sa joue gauche ; la larme coula sur ses lèvres et toucha celles de Bastien. Un goût de métal, un goût étrange et pourtant familier s'emparait de son palais. Il ne put reconnaître la saveur du baiser qu'en ouvrant les paupières sur des traînées rouges le long des joues de son amour.

La fête battait son plein à l'intérieur alors qu'un jeune homme sortait de la maison. Personne n'arrêta la musique jusqu'à ce que les autorités le fissent elles-mêmes. En pénétrant sur les lieux, ils comprirent néanmoins pourquoi personne ne répondait.

Bastien perdait beaucoup de sang ; en réalité, cinq minutes à peine seraient nécessaires pour exsanguiner complètement le pauvre gamin, probablement mort bien avant. Fields comprimait fortement la plaie ralentissant ainsi considérablement l'hémorragie mortelle ; mais il savait pertinemment que seule une réaction rapide pourrait sauver la jambe du petit, raison pour laquelle il l'emmena dans son bureau où se trouvait une trousse de soin d'urgences. Quelques incidents au club d'arts martiaux l'incitèrent tantôt à se munir d'un tel équipement, prévoyance utile en fin de compte.
Arrivés, l'état du garçon s'était aggravé et le professeur l'examina brièvement. Son regard s'arrêta immédiatement sur les pupilles injectés de sang du blessé, ce qui n'était en aucun cas cohérent avec la blessure qu'on... que Fields lui avait infligée. Découverte, la créature quitta le cadavre pourrissant du pauvre Bastien. Il s'agissait d'une autre goule. Le blessé devait être mort depuis plusieurs heures déjà, peut-être plus encore. Sans hésiter une seule seconde, une main s'abattit sur le bassin de la créature qui s'ouvrit alors en deux. La partie supérieure du démon rampait désespérément en direction de ses jambes pitoyables. Un pied prévint toute régénération de l'assassin en lui empêchant toute progression. La gueule hideuse qui allait bientôt finir écraser sous la semelle du mathématicien se retourna dans l'espoir de le fixer du regard.
Non, elle voulait se rire de lui ; son corps commença à s'échauffer et des flammes en sortirent soudain. Une fraction de seconde suffit. La poussière composant l'intégralité de son organisme s'enflamma comme de la poudre, disposant cependant d'une puissance explosive bien plus importante. Les vêtements de Fields se retrouvèrent désintégrés sur le coup ; quel dommage que leur porteur possède un corps ayant déjà enduré des températures extrêmes, que ce soit des froids à perdre vos membres ou des brasiers vaporisant toute trace de vie. Nu comme un verre, Fields s'échappa des flammes en empruntant les toits pour finir par atterrir dans une ruelle adjacente entièrement déserte en ce début de soirée.

Il ne fallut que quelques minutes aux journalistes pour encercler le bâtiment incendié, offrant ainsi un avantage indéniable à notre exhibitionniste : tous les regards se portaient sur l'université et non sur les véhicules contenant fréquemment des affaires de rechange des professionnels de l'information. Le premier bout de tissu tombant à portée de main fit très bien l'affaire pour passer inaperçu ; car, quoi de plus invisible que quelqu'un qu'on ne veut plus voir, un mendiant.
Fields savait que son visage serait diffusé le lendemain aux informations, sauf qu'il ignorait tout des circonstances présentées officiellement : serait-il une victime, un coupable ou tout autre chose. La décision la plus sage était de regagner des personnes de confiance, or l'Asie était bien trop loin à pied et il serait peut-être reconnu sur la route : qui sait l'importance que pourrait prendre l'explosion d'une grande université française à travers toute l'Europe voire le monde. La seule solution était l'océan, du moins les océans pour rejoindre de la France, le Japon, sans escale au Nouveau Monde. Encore un obstacle se présentait à lui ; peu de ses connaissances auraient pu lui permettre d'embarquer aussi vite et surtout, assez discrètement.
Il parvint donc à rejoindre la côte en subtilisant un vieux motocycle ayant eu sa place dans un musée mais certainement pas sur le bord d'un trottoir dans une allée miteuse. À l'abri des regards indiscrets rendus dangereux pour la vie privée par la popularité des divers appareils d'enregistrement, Fields se jeta dans la Méditerranée.
Deux jours durant, il suivit les étoiles la nuit et de jour, continuait tout aussi droit que les courants marins lui permettaient. Il passa sans difficulté sous le Brésil, un peu trop largement d'ailleurs ; il tomba sur un archipel, Ryûkyû, parmi lequel se dressait Okinawa. Dans l'impossibilité d'identifier les diverses terres, l'homme-marin se rendit sur l'une d'elle afin de voir le nom des villes ce qui lui permit de comprendre que la chance lui souriait à nouveau, puisqu'il venait d'atteindre l'archipel Kerama, voisin d'Okinawa.


Deux jours pour traverser deux océans, Nakajima lui-même n'en revenait pas. Trois jours à la rigueur, mais deux jours... Sans carte, sans boussole...
L'appréhension de discuter avec un cadavre passée, Nakajima commença à discuter comme si de rien n'était avec son hôte. Leurs inquiétudes portaient sur les divers groupes qui pourraient être impliqués dans ces histoires : les officiers assassinés, Cerbère, les goules...
Les officiers faisaient inévitablement penser au gouvernement, mais les accréditations de Fields, au niveau mondial, surpassait même celles du Directeur de la NSA : en dehors de ses travaux scientifiques divers, le Maître servait aussi d'instructeur dans l'armée, dans les différentes armées, où son expérience avaient déjà vraisemblablement aidé à sauver la vie de milliers de soldats, voire d'agents d'élite. Une telle menace contre la sécurité n'aurait jamais pu lui être cachée. De plus, mêmes les grosses huiles n'étaient pas pleinement informées de la nature exacte ni de ses recherches ni de l'artefact examiné ; la fuite ne pouvait en aucun venir de quelque politicien corrompu. L'identité de l'employeur de ses hommes resteraient encore inconnue, mais le fait d'avoir agi dans l'ombre et d'avoir même couvert la disparition de Fields au Japon indiquait qu'il était familier de l'administration et très probablement humain. La manipulation des médias entraient également parfaitement dans ce profil ; malgré leur manque de professionnalisme depuis plusieurs années, aucun journaliste n'aurait pu passer à côté de certains détails troublants, à moins que quelqu'un ne les égare ou ne les soudoie d'ailleurs.
La certitude que les goules travaillaient sans lien avec les hommes se vérifiaient aisément par leur manière de se déguiser avec leurs cadavres ; ces charognards n'étaient de plus intervenus qu'après l'apparition de Cerbère, sinon ils eurent déjà été démasqués lors de ce précédent massacre. De là à dire que contrairement aux hommes en costume, ils ignoraient tout de la position exacte du Magatama de Cerbère, il n'y a qu'un pas. Ils auraient pu tout simplement repérer le Qi de la bête, tout comme Susanoo et Yamata-no-Orochi avaient pu se reconnaître aussi parfaitement.
Différencier les auras des diverses créatures n'était point tâche aisée mais loin d'être impossible.
Toutes ces discussions tournaient en rond car une hypothèse ainsi formulée se voyait contredite par une nouvelle elle-même enterrée par la suivante ; cette gymnastique s'arrêta lorsque le nom Shanghai explosa. Les yeux de Nakajima se vidèrent aussitôt et Fields s'éteignit dans un silence lugubre.
Les deux hommes restés cois quelque instant, se séparèrent en toute indifférence.

Fields alla méditer dans sa chambre ; pour patienter, Nakajima sortit s'entraîner toute la nuit sur des poteaux de frappe plantés dans la cour du dôjô. Certes Nakajima avait été habitué aux disparitions de Fields jusqu'alors, mais la fausse annonce de sa mort ne put que l'énerver au plus haut point ; puis l'annonce de sa survie le mit dans un état de rage qu'il avait lui-même du mal à contrôler. Le souvenir de Shanghai qui venait de lui revenir provoqua une crise presque incontrôlable coûtant la vie à plusieurs des poteaux dont l'épaisseur était pourtant semblable à celle de chênes plusieurs fois centenaires.

Dès six heures du matin, Nakajima fut interrompu par l'ardeur matinale de Fields qui commençait son entraînement physique. La tension de la veille s'étant entièrement dissipée entre les deux hommes, ils entamèrent une autre discussion sur un sujet proche.
La tombe de Yamata-no-Orocho n'était plus qu'un vaste cratère, et cela s'était produit en une seule nuit, voire une seule heure. La taille du village voisin n'abritant que 500 à 600 habitants n'empêchait pas ces derniers de surveiller les allers et venues, spécialement celles se dirigeant vers la tombe à laquelle tous avaient contribué.

Un ciel d'ancre, très fréquent à cette époque de l'année , des ombres filent à l'horizon ; le vacarme assourdissant des moteurs réveillent la forêt. Un petit pêcheur du coin est de garde, puisque de toute manière seuls des petits pêcheurs habitent ce coin-ci. Ses yeux ne distinguent rien mais il faudrait être sourd pour rater ce rallye. À part le ravin, il n'y a qu'un seul endroit entre ici et l'océan ; or, les bains de minuits n'attirent que très rarement une telle cohorte.
À l'arrêt, on arrive à voir de vagues formes, les phares sont éteints. Une lumière sombre englobe la personne en tête du convoi, et quelle escorte ; sont à décompter dix voitures noires, d'immenses chars d'assaut urbains. La lumière s'intensifie mais demeure limitée à cette seule personne. Tout disparaît. Un flash. Plus rien. Absolument plus rien. Un cratère.

Les seuls détenteurs de tels engins dans la région ne pouvaient être que des mafieux, les célèbres Yakuza ; il s'agissait après tout du seul pays où ils ne cachent pas leur identité mais seulement leurs crimes. La question de savoir comment des Yakuza auraient pu faire disparaître le colosse persista longuement. L'explication la plus convaincante et finalement la seule plausible était la présence d'un être sorti d'un Magatama parmi les Yakuza ; et vu la puissance de ces êtres, il ne pouvait être que leur nouveau patron.
Nakajima possédait encore ses entrées dans leur milieu. Il prévit donc d'organiser une rencontre entre son camarade et un petit mafieux local qui lui devait encore une dette. Malheureusement, le nom de Shanghai fut encore amené sur le tapis bien que le Maître okinawaïen conservât son calme pour une fois.


Malgré la promesse inviolable de tous les citoyens de garder le secret de sa présence ici bas, on organisa spontanément une cérémonie pour le retour de Fields dans son dôjô. D'ailleurs ses élèves avaient regagné le pavillon qui leur était réservé au côté de son école. Tous les habitants s'étaient déplacés pour l'occasion. En l'honneur de Maître CYPHRE, ses élèves firent une démonstration ; parmi eux, les deux plus talentueux : Ôyama Kenichi et Miyamoto Funakoshi présentèrent un combat à la toute fin de cette grandiose fête.
Kenichi et Funakoshi se ressemblaient énormément, avec des tailles et des poids presque identiques. La sueur coulait lentement depuis leurs tempes jusqu'à leur mâchoire alors qu'ils se jaugeaient... En un éclair, avant-bras contre avant-bras, tibia contre tibia... chacun de leurs coups faisaient éclater des bourrasques de vents impressionnantes même pour leur quelque trente ans. Peu importe leurs techniques, l'autre l'anticipait et bloquait tout en essayant de contre-attaquer : le combat semblait être une impasse. Au bout d'une vingtaine de minutes, leurs yeux ne se quittaient plus quoi qu'il se produisît, leurs pupilles bleues et marrons brillaient d'un éclat effrayant pour les spectateurs. Funakoshi prit une garde particulière que Kenichi ne connaissait pas ; cette garde obligea Fields à se lever.
Des mèches brunes volèrent dans l'air oppressant compressé par les Qi combattifs des deux disciples, Funakoshi lançait l'assaut, Kenichi bloqua un coup de coude qui lui disloqua presque le bras... un éclair traversa l'arrière de son crâne : la pointe des doigts de Funakoshi touchait tout juste sa peau ; un léger filet de sang dégoulinait sur la nuque tremblotante de son adversaire alors que la poigne du Maître retenait tout juste le coup mortel.
La cérémonie fut immédiatement abrégée. Funakoshi s'agenouilla pour s'excuser : il possédait un tempérament impétueux et difficile à maîtriser malgré sa gentillesse, ce qui était à l'opposé de Kenichi, étant plus introverti avec une grande peur de porter ses coups dans la crainte de blesser ses camarades et même ses adversaires. Après maintes réflexions, le Maître décida de punir Funakoshi d'un mois entier sans arts martiaux sous peine d'un bannissement à vie de son école. Il l'accepta stoïquement tandis que Kenichi était outré de son ignorance de la technique précédente. S'apprêtant à interroger son Maître à ce sujet, quelqu'un vint interrompre leur conversation.

Fields annonça la fermeture immédiate du dôjô et congédia ses élèves, un homme en costume et lunettes noirs dont les tatouages dépassaient légèrement de ses vêtements accompagnait Nakajima. L'évidence imposait que cet homme représentait les Yakuza de la région. Bien que le dialogue fût tendu, le Maître conserva son calme sur les conseils tantôt donnés par son ami. Le Yakuza certifia que la vérité sur la vie du Maître serait préservée avant de commencer à lui enjoindre vivement d'enter à leur service permanent.
Il feinta évidemment avec prodige pour faire croire qu'il acceptait à contre-cœur et obtint un rendez-vous dans la semaine à venir. Ce délai d'une semaine servait probablement à humilier davantage l'homme obligé d'accepter, et le rendez-vous et l'offre qui y sera présentée ; cela n'était pas du tout le cas de Fields. Le plan était bien huilé afin d'atteindre le responsable local.

La veille du rendez-vous, Nakajima tenta de faire entendre raison à son frère d'armes : celui-ci refusait de l'emmener avec lui et préférait partir seul. Il semblait vouloir ne pas être gêné dans ses agissements, probablement pour ne pas respecter les conseils de son interlocuteur ; c'est du moins ce que ce dernier croyait fermement.
En effet, Fields détestait ce genre de manigances ; après tout, il eût facilement pu torturer le criminel jusqu'à obtenir les informations souhaitées. C'était un petit jeu auquel le guerrier prit de l'assurance au cours des années : nul ne pouvait désormais résister à son art.

Le bâtiment ne cachait en aucune façon ses liens avec les Yakuza bien que rien ne semblait le différencier des autres. Un homme sembla interrompre un instant l'entrée de Fields mais le geste d'un de ses collègues l'en dissuada. On conduisit chaleureusement le Maître jusqu'à la personne vue la veille, un dénommé TANAKA Yakasa renommé pour ses faits de violence dans la région.
La discussion paraissait pleinement normale : il était question d'engager Fields comme garde du corps pour protéger préventivement, autant dire assassiner sur commande. La tension s'accentuait progressivement entre Yakasa et Fields ; ce dernier se sentait insulté par les insinuations de son hôte sur son efficacité dans le domaine en question...
Il finit évidemment par craquer, se leva d'un coup et attrapa le Yakuza par le cou ce qui faillit lui briser la nuque. Trois gardes arrivèrent par derrière. Leurs armes sortirent de leurs étuis. Leurs coudes et poignets furent brisés en un instant par l'autre bras du Maître dans un vif mouvement rotatoire. Son corps ne bougeait pas alors que les trois hommes s'effondraient dans des bruits d'explosion : leurs cœurs venaient juste d'éclater dans leurs poitrines sous le coup du choc. Des points vitaux avaient été frappés très certainement.
Alors, cinq hommes descendirent d'un escalier sur le côté des deux personnes encore en vie. Un des cadavres fut projeté par un coup de pied de côté. Deux des gardes tombèrent au sol alors que le corps se répandait en sang et en organes sous la violence de l'impact. Leurs visages livides ne trompaient pas sur leur état alors que des morceaux d'os avaient transpercé leurs corps de toutes parts. Les survivants tirèrent à plusieurs reprises sur l'artiste martial. Lâchant sa prise, le fauve projeta rapidement les cadavres restants. Tirant en essayant de voir à travers les morceaux de viandes venant vers sa direction, un des tireurs vit une ombre devant lui. Sa tête fut arrachée d'un coup de paume. Une pique des doigts transperça un autre tireur au niveau des yeux. Un poing circulaire s'abattit, phalanges vers le haut, sur le sommet du crâne de l'ultime victime. Cet os se plia comme du plastique souple dont s'échappait un liquide gluant.

Mort d'épouvante, Yakasa rampait pour fuir, incapable de se redresser sur ses membres inférieurs. Un cri incroyable fut poussé inconsciemment. Un pied venait de réduire en véritable bouillie le bras droit du Yakuza. Tournant la tête, le visage sévère de son hôte s'imposa à lui.
Le bras en sang, l'homme rit pourtant aux éclats. La folie avait certainement submergé son esprit. Fields allait presser des hikô (points vitaux) sur le pauvre bougre... Un courant d'air l'obligea à rouler sur le côté. Un poing venait de fissurer l'air à l'endroit exact où se trouvait sa tempe gauche une seconde plus tôt.
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Ven 20 Mai 2011 - 11:00

Shanghai, dix années auparavant... Un long manteau noir traverse les rues désertées du district de HuangPu, un bruit arrête instantanément tout mouvement ; une ombre s'affaisse, trois autres la rejoignent. Caché par la nuit, ce manteau s'approche du groupe. Les trois ombres dressées menacent avec des armes blanches l'ombre à terre. Une parcelle de chemise blanche éclate alors que le manteau s'ouvre. Des poings s'abattent, implacables, en direction des ombres menaçantes. Des cris étouffés transpercent la nuit noire. L'ombre affaissée esquisse un ersatz de remerciement avec sa tête avant de fuir vivement à travers des ruelles exigües. Telles des couloirs étouffant, les ruelles se referment sur leur proie.
Alors qu'une lumière déchire la nuit, le visage de Fields couvert de sang apparaît entre son chapeau enfoncé et son manteau de ténèbres. Trois cadavres en lambeaux gisent à ses pieds, leur sang coulant sur les pavés. Toutes les ombres s'éclipsèrent tandis que le manteau noir se referme. Ce dernier engloutit alors son porteur dans l'obscurité.

Le lendemain, la police découvre l'identité des trois défunts. La ville est secouée par le choc : l'un des hommes est reconnu comme étant le fils d'un membre important des Triades locales. Les deux autres s'avèrent être ses gardes du corps, maîtres de Kenpô. L'affaire échappe peu à peu aux mains des forces de police au profit des Triades grâce à l'intimidation et l'argent. Le maire de la ville dont les finances sont étroitement liées à leurs activités criminelles fait taire les officiers en charge.
L'homme que le jeune fils poursuivait est activement recherché par la police. Des barrages obstruent toute voie pour sortir de Shanghai. L'homme en question est un simple citoyen ayant involontairement endommagé la voiture de la victime. Sa famille est alors retrouvée morte : six personnes ligotées puis exécutées. Des officiers imprudents continuent les recherches et découvrent un corps attachés sur une chaise. Ses paupières se soulèvent doucement alors que son corps meurtri laissait présager de sa mort. Les deux costumes s'approchent mais s'effondrent après quelques détonations faisant fermer les yeux du simple citoyen à jamais.
Les renforts accourent, les tirs fusent, deux balles perdues sont mortelles, cinq officiers sont tués, trois agresseurs également. Les agresseurs font partie des Triades. La guerre est ouverte !
Aucun politicien ne peut désormais calmer les forces de l'ordre. Les membres Triades sont fous de rage.

Fields apprend d'un jeune homme d'une vingtaine d'année partageant sa location l'histoire de ces meurtres. Tout devient limpide pour les deux hommes. Le deuxième part passer un coup de téléphone alors que notre jeune Maître prépare ses affaires. Son colocataire revient. Il apprend l'arrivée d'un ami. Il décide de repousser le départ jusqu'à cette arrivée.
Les deux hommes sortent un plan de la ville où des croix apparaissent là où se situent les barrages et les lieux réputés où se trouvent des membres des Triades.

Dans les rues, des centaines d'esquisses de Fields étaient apparues comme par magie, sans aucun témoin, pendant la nuit. Fields décide immédiatement de lancer un assaut sur chacune des croix, ne voulant pas attendre jusqu'au soir l'arrivée de son ami. Son camarade doit rester cloitré. Néanmoins, il le suit discrètement et participe à l'assaut.
Le premier assaut porte sur le bâtiment le plus susceptible à abriter les têtes pensantes. Les portes volent en éclat alors que les honnêtes citoyens reconnaissant l'homme des affiches désertent les rues devenues de véritables champs de bataille dont les caniveaux se remplissent peu à peu de sang.
Des dizaines de costumes foncent vers les portes. Des briques sont propulsées d'un coup de main vers ces corps réduits alors en miettes. Les déplacements de Fields sont rapides. Il traverse plusieurs étages, les cadavres s'entassent dans des marres de sang, les murs sont détruits afin d'attaquer les assiégés ou de se défendre des balles.
Parvenant au dernier étage, un maître de Kenpô fait face à Fields. Les chefs locaux se trouvent derrière la double porte dans le dos de l'opposant. Le maître s'écarte lentement de la porte. Les portes s'ouvrent sur une dizaine d'hommes. Les portes se referment sur Fields. Elles s'ouvrent enfin une dernière fois sur des dizaines de cadavres dans un état effrayant.
Le maître de Kenpô propose alors un duel à Fields qui l'accepte sans hésitation.

Les combats continuent à faire rage entre forces de l'ordre et Triades. La tension monte en flèche. Le sang inonde les rues. Les affiches sont à nouveau ôtées comme par magie alors que de nombreux corps des membres des Triades sont retrouvés atrocement mutilés.

Le soir même, le maître de Kenpô attend au lieu du rendez-vous. Son adversaire entre dans la lumière. Ce dernier n'est qu'un enfant d'une vingtaine d'années. Se riant de lui au début, le maître comprend après quelques coups que cet adversaire est tout de même de quelque valeur.
Le combat prend alors une nouvelle tournure. Les coups déferlent à une vitesse fantastique. C'est comme si des centaines de coups étaient envoyés en un seul et que des centaines de blocages leur faisaient face. Épuisés et couverts de sang, les deux combattants prennent une garde ultime. Le dernier assaut est là.
Les corps sautent l'un vers l'autre tels des fauves. Le jeune prend l'initiative. Coude droit de bas en haut bloqué, poing droit continuant néanmoins sa trajectoire pour dépasser ce blocage, nouveau blocage occupant alors les deux mains du maître suivi cette fois d'une contre-attaque du genou, blocage du tibia ramené à l'horizontal, pied au niveau de l'aine, coup du poing encore libre au niveau de l'abdomen. Le maître de Kenpô toucha le sol des deux mains dans ses vomissures ; profitant de cette occasion pour déstabiliser son adversaire debout sur une seule jambe avec un balayage frappant le tendon d'Achille. Tombant sur le côté, le jeune homme ne peut pas voir la trajectoire que prend alors le balayage : le pied s'élève rapidement dans les airs. Il ne voit que la chute du pied sur sa cage thoracique. Ses organes internes éclatent sous le choc, ses poumons se remplissent de sang, c'est la fin...

Fields arrive devant une scène l'horrifiant. Son sang ne fait qu'un tour et il se rue sur le maître de Kenpô bien amoché. Ce dernier n'a pas le temps de faire le moindre geste qu'un coup de poing enchaîné avec le coude provoque un choc suffisant pour le paralyser au sol. Alors que son corps est incapable de se mouvoir, les coups pleuvent sur sa carcasse. Le spectacle est monstrueux, la colère de Fields dépasse l'entendement en cet instant car il se sent responsable de tout cela.
Toutes les morts de ces derniers jours sont dues à une stupide collision entre deux bouts de tôles. S'il n'était pas intervenu naïvement dans cette histoire, personne ne serait mort. Le pauvre homme aurait été molesté mais jamais ni torturé ni tué avec sa famille, sans parler des autres... Ses sentiments l'avaient emporté sur sa réflexion, comme c'était le cas en ce moment même, où sa rage ne pouvait plus être maîtrisée.

Ses pensées refoulées depuis plusieurs jours assaillaient l'esprit de Fields et l'empêchaient d'arrêter ses coups meurtriers. Une ombre apparaît derrière lui. Des larmes coulent sur sa nuque. Seul un homme pourrait pleurer ici et maintenant. Le visage maculé de sang et de larmes de Fields est alors soumis au regard de Nakajima dont le frère cadet venait tout juste de rendre l'âme dans ces ruelles. Fields se relève et disparait supporté par l'épaule de son ami alors que le maître de Kenpô se vide lentement sur les pavés. Le corps du frère mort en duel est récupéré après avoir déposé Fields dans la location.

Tout est bien préparé, la lame du couteau est affûtée, la tenue est correcte, la posture est parfaite. La lame avance lentement vers l'abdomen de Fields. Tenu par sa main droite, le couteau se retrouve à sa gauche. La lame pénètre soigneusement les tissus, l'incision est chirurgicale. Le ventre arbore alors une ligne parfaitement droite et horizontale au-dessous du nombril dont le rouge brille d'un éclat incroyable. Le poignard se rapproche lentement, avec beaucoup d'attention, du sternum. La lame touche alors la chair sur l'exacte médiane.
La porte s'ouvre lentement et Nakajima porte son frère sur la couche. Voyant l'acte de son ami, il s'assied très solennellement devant lui et pose la main sur son arme. Il retourne alors la lame et s'ouvre avec tout autant d'attention l'abdomen à l'horizontale.
Sans parole ils s'étaient compris. Voulant sacrifier sa vie pour compenser ses actes, le frère endeuillé répondit d'un geste indiquant leur nouveau statut ; ils furent dès cet instant frère de sang.

Nakajima lâcha le poignard, puis alla se recueillir sur la dépouille de son cher frère. Fields posa soigneusement le couteau au sol. Se levant délicatement pour ne pas vider le contenu de son ventre au sol, il alla chercher quelque bandage. Il effectua avec une minutie divine un bandage sur son ami, entourant son ventre ; le second lui était destiné mais le soin apporté fut d'une qualité bien inférieure.

Fields trouve enfin le sommeil allongé au sol au côté du lit mortuaire au chevet duquel demeure Nakajima.
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Ven 20 Mai 2011 - 11:00

Tout ce qui s'était passé à Shanghai avait rejailli dans la mémoire de Fields en voyant le visage de son agresseur. Il n'était autre que son ami le plus cher : TAKAGI Nakajima.
Son visage s'emplit de doute alors qu'il allait interroger son ami, mais des coups de coudes violents s'abattirent sur ses clavicules. Instinctivement, son corps recula et les coudes s'écrasèrent sur des paumes levées au ciel. Ce changement de poids du corps lâcha un coup de pied direct en pique. Le torse de Nakajima fut transpercé sur le flanc pendant sa rotation alliant esquive et contra-attaque puisque son poing fermé fouetta le tympan de son adversaire en train de rouler à nouveau sur le côté. Son corps se redressa avant-bras en avant pour anticiper le coup de pied retourné suffisamment puissant pour fissurer ses côtes. Le genou en difficulté, puisque la jambe attrapée, l'autre jambe visa la tête de l'homme accroupi dont la pique des doigts se rapprochait dangereusement de l'articulation en question. La roulade devenait sa spécialité lors de ce combat alors qu'il s'élançait en avant et passa juste entre les deux jambes.
À la suite de ces acrobaties, les deux adversaires revinrent face à face. Yakasa profita de ce laps de temps pour tenter la fuite. Sa poitrine se contracta et son souffle s'épuisa vivement. Une bourrasque d'air frappait son dos à l'endroit exact indiqué par la pointe du coude de Fields, projeté violemment en arrière un instant plus tôt. Il rampa quelques instants et se retrouva face contre terre hors de la pièce.
Cette déconcentration, aussi minime fût-elle permit à Nakajima de prendre un certain avantage : sa jambe monta sur un genou de Fields, il ne put pas ramener son bras assez vite pour bloquer une paume frappant son autre tympan dans une rotation, se poursuivant par un coup de genou dans le flanc. Ce dernier, quant à lui, fut intercepté par les deux mains de Fields à quelques millimètres de sa cible. Son corps se courba néanmoins sous l'impact, ses jambes décollèrent du parquet qui volait en éclat. Il se retrouva à l'horizontal alors que Nakajima se tenait dos à lui, projeté de son genou par cette envolée. Il parvint alors à lui saisir la nuque avec les jambes et à le renverser au sol. Synchronisé avec le choc de son crâne à terre, un poing paume vers le ciel s'abattit sur son torse alors que sa jambe se pliait fortement. Ce poing fut alors retenu par ce pied.
Nakajima utilisa ses deux bras pour se défaire rapidement de l'étreinte. Il poussa sur sa jambe pour propulser le poing de Fields afin de créer une ouverture dans sa garde. Sa seconde jambe traversa le béton à la position qu'occupait précédemment le corps allongé de son camarade. Ce dernier avait utilisé la propulsion de son bras dans le but de se relever en un instant. Ce déplacement d'avance lui permit d'écraser un pied sur la cage thoracique de son frère d'armes. De profil au sol à cause du pied enfoncé dans le béton, il ne put utiliser qu'un bras pour amortir le choc, le second le soutenant juste quelque peu.
Acceptant de se prendre un coup violent dans le dos en relâchant son blocage, Nakajima effectua une rotation faisant traversé tout le béton à son pied qui ressortit de l'autre côté avec un bloc de ce même béton expédié au visage de Fields, non pas pour le blesser mais pour l'aveugler et le déconcentrer. Son crâne fendit ce bloc en deux. Le coup de pied avait en réalité accélérait sa rotation ce qui lui permit d'envoyer un nouveau coup de pied retourné dans le buste de son collègue afin que sa vue ne revienne complètement. Ce dernier fut suivi d'un coup de pied remontant au niveau du bas-ventre ; ses testicules furent écrasées par le choc mais résistèrent grâce à sa maîtrise d'un qi-gong renforçant même la résistance des organes. Ce coup s'avéra être une diversion ayant pour objet de placer un coup de la pique des doigts sur un point vital amenuisant la quantité d'air pouvant être respirée en contractant certains muscles.
Ce lourd désavantage fut évidemment utilisé de suite et une pluie de coups s'abattit sur Fields qui aurait facilement pu les bloquer en temps normal, mais qui tint difficilement et en reçut plusieurs directement. Ses jambes commençaient à fléchir mais il utilisa une technique cassant le rythme des attaques pour lui permettre de retrouver son souffle : sa jambe avant servit de point d'appui à un salto arrière composé en réalité de deux coups de pied consécutifs capables de fendre l'air.
Cette technique prit Nakajima de court. Son seul choix fut le recul. Malgré cela, son torse s'ornait désormais de deux nouvelles entailles parfaitement rectilignes et verticales.
Un temps de quelques centièmes de secondes eut lieu tandis que les yeux des deux guerriers englobaient tout l'espace devant eux. Ils prirent chacun une posture décisive pour ce dernier assaut.

L'air autour des deux hommes commençait à se troubler alors qu'ils respiraient profondément ; l'atmosphère devint de plus en plus lourde, on aurait cru alors se retrouver dans les fonds marins où la pression s'avère vite écrasante. Des tourbillons d'air chaud englobèrent alors les deux hommes ; leur aura respective réduite au strict minimum spatial, telle une seconde peau et pourtant intensifiée à son paroxysme, provoquait un échauffement soudain de l'air avoisinant qui rencontrait alors l'air à température ambiante. Au bout de quelques secondes seulement, les lattes du plancher s'arrachaient, les murs s'effritaient et tout être humain présent dans la pièce serait mort sur le coup : son corps aurait progressivement perdu la faculté de vivre, tout simplement.
Leurs corps se rapprochaient sans pourtant qu'on puisse distinguer les mouvements de leurs jambes voire de leurs pieds. Leurs vêtements fumaient et se déchiraient. Leurs muscles se contractaient au plus haut point leur conférant un aspect inhumain, presque divin. Leur aura pourtant invisible à l'œil nu apparaissait grâce à l'air virevoltant avec violence autour d'eux. Les différences extrêmes de température engendraient des mirages qui, jumelés avec les courants d'air changeant incessamment de direction, incapacitaient tous les sens.
Subitement, les deux blocs d'air se rencontrèrent et une tempête prodigieuse se déclara : la pièce se dilata même alors que les vitres renforcées s'apprêtaient à céder. Le calme revint un instant. Les yeux verts et noirs englobaient tout leur entourage dont leur ennemi respectif. Un Kiai (cri martial) puissant transperça les tympans de Fields en position de blocage d'un coup au niveau moyen. Le mur derrière lui du côté bloqué se fissura de toute part sous l'impact d'un véritable cyclone. Le poing de Nakajima avait frappé avec une puissante rotation à une telle vitesse qu'aucun homme n'aurait pu percevoir ; néanmoins, les sens accrus voire nouveaux de Maîtres comme eux le permettaient aisément.
Le bâtiment trembla entièrement sous l'onde de choc d'un second Kiai puissant. L'air stagnant fut comme expulsé du corps de Fields sous la forme d'un geyser. Un clignement d'œil plus tard et il s'était déjà propulsé face à Nakajima. La pointe des doigts de ce dernier touchèrent alors la poitrine adverse. Un coude bloqua de justesse, une fine goutte de sang seulement coula. Se servant dudit blocage, Fields saisit son avant-bras afin d'ouvrir le corps de son ami. Alors qu'il allait à son tour frapper de la pointe des doigts, un puissant coup de pied circulaire s'abattit sur son bras ayant interrompu son attaque pour protéger sa tête. Le bras en saisie lâcha toute prise afin de parer un coup de poing à destination de la gorge avant de s'abattre de plein fouet sur le torse de Nakajima. Le corps de ce dernier fut projeté plus loin au sol. Le béton composant ledit sol se fissura sur plusieurs mètres de profondeurs.
Fields ayant alors sauté atterrit avec un coup de pied écrasant, poing en avant. Son ennemi roula derrière son dos avant de balayer le sol. Tombant en arrière, le coude de Fields tenta d'écraser la tête du balayeur pourtant déjà relevé sous l'action de la précédente rotation. Bloquant un coup de talon au visage, notre homme à terre put ainsi fragilisait librement la seconde jambe d'un coup direct du genou derrière le sien, justement.
Ce coup lui accorda le peu de temps nécessaire pour se relever.

Son double tranchant des mains sur les clavicules fut avorté par une belle parade de derrière minute. Les deux hommes se retrouvèrent alors mains contre mains. La pression augmenta vite. Leurs mains auraient pu facilement briser de l'acier. L'air se déchaîna encore plus qu'auparavant autour de leurs corps en sueur. Sacrifiant son propre équilibre, Nakajima fit chuté son ennemi sur le côté par une rotation du buste et un pied judicieusement placé entre ses jambes.
L'air s'effondra avec une telle puissance au sol que le béton se fissura sur dix mètres de profondeur. L'index droit recroquevillé de Fields s'arrêta à un millimètre de la gorge de son adversaire. Les deux hommes avaient utilisé le même poing au moment de la chute pour s'en servir à leur avantage et tuer l'autre. Normalement le coup de Fields eût dû frapper avant celui de Nakajima mais il en avait voulu autrement.
Son cœur commençait déjà à s'arrêter quand son ami tantôt adversaire essaya de le soigner par divers points vitaux et massages.
Horrifié par l'abandon de Fields, son frère de sang hurlait de douleur, de peine, de tristesse mais une seule réponse lui fut accordée. Il lui jadis offert sa vie...
Là furent les dernières paroles de cet honorable adversaire.

Nakajima, fou de rage contre le défunt et surtout contre sa victoire, se déchaîna sur son corps. Les coups ne cessaient de le meurtrir encore plus. Ses paroles confuses ne cessaient de chercher une réponse à ses doutes.
« Pourquoi a-t-il fallu que ce soit moi qui gagne ?! De quel droit en as-tu décidé ainsi ?! De quel droit ?! Je t'avais dit de vivre !!! »
Les mâchoires de Nakajima semblaient sur le point de se déchirer.

Yakasa, ayant repris conscience vers la fin du combat, s'approcha du vainqueur. Il attendit quelques instants mais dut finalement l'arrêter de frapper. Nakajima tremblait comme une feuille. Tout son corps lui disait qu'il avait perdu, et il ne s'agissait pas là du combat.

Les deux hommes s'étaient rencontrés il y a de cela quinze ans, lors du premier voyage de Fields à Okinawa. Ils pratiquaient les arts martiaux de la même manière et par hasard, se rendaient tous deux en Chine le lendemain. Le même hasard s'abattit ensuite sur l'Inde. En réalité, Nakajima avait eu vent du "pèlerinage" de son comparse, et charmé par cette idée, il décida de l'accompagner sans pour autant qu'il sache que cela était prémédité. Lors de ce voyage, des liens forts apparurent entre les deux guerriers. Mais il a fallu que surviennent les évènements tragiques de Shanghai.
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Sam 30 Juil 2011 - 15:38

Je pense bientôt rajouter le chapitre trois que je suis en train de peaufiner. N'étant jamais pleinement satisfait de mon travail je m'impose une certaine limite pour que ça puisse sortir un jour ; en plus j'ai d'autres choses à côté (notamment la traduction) qui me prennent du temps...

J'aimerais bien avoir vos avis sur le deuxième chapitre que j'avais déjà mis avant de mettre le troisième. Mais je le mettrai quand même bientôt...
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 2 Aoû 2011 - 15:21

Bon voici la suite.

ANNEXE MYTHOLOGIQUE
Chapitre Deux : Ce bas monde est donc si corrompu


Les Magatama sont à la fois pierres précieuses, d'apparat, et amulettes cérémonielles, dont on dit qu'elles contiendraient les âmes de grands guerriers morts au combat.


Chapitre Trois : Quand les hormones s'en mêlent


Une heure plus tard, Nakajima se rendit compte qu'il bougeait, rien d'étonnant puisqu'il était en voiture. Un corbillard emmenait en effet Yakasa, Fields et lui-même ailleurs.
Leur diligence s'arrêta devant un bâtiment très moderne, d'autant plus en comparaison avec les demeures alentours. Yakasa prévint alors Nakajima qu'ils allaient rencontrer le numéro UN des Yakuza, et pas seulement de la région...


ONAGA Kiyoshi, 27 ans, Jeune chef du clan Kyokuryû-kai. Naha, Okinawa, lors d'une visite du tout nouveau chef de clan dans un salon de massage emmagasinant l'argent à une vitesse effrénée depuis quelques jours déjà, une vision l'arrêta subitement dans sa discussion. Une jeune femme attira son regard et seul son propre pouls battait à ses oreilles. Il exigea d'être laissé seul avec cette charmante créature.
Quelque heure plus tard, il revint vers ses gardes du corps et partit sur le champ. Les voitures noires disparurent au coin d'une rue sous les yeux amusés de la jeune masseuse. Un garde assis face à Kiyoshi dans la voiture l'interrogea sur son air sombre. L'espace d'un instant la voiture bifurqua avant de revenir immédiatement sur la route.

Cela prit une vingtaine de jours mais une réunion put être organisée avec de nombreux hauts responsables au sein des clans les plus influents de tout le pays. Des dizaines d'hommes tous accompagnés d'au moins cinq gardes très bien armés pénétrèrent la petite structure au centre de Naha. La plupart des esprits bien échauffés ne se calmèrent pas le moins du monde à cause du retard de leur hôte qu'ils durent attendre un bon quart d'heure.
Kiyoshi entra finalement dans la pièce bondée où il siégea sur le fauteuil central autour duquel étaient disposés tous les invités de haut rang. Un haut dignitaire de Yamaguchi-gumi, la plus importante famille Yakuza, s'emporta contre un retard pris avec autant de frivolité ; sans omettre le fait que depuis quelques temps déjà, le clan okinawaïen commençait à opposer une certaine concurrence à tous les autres clans. Des rires éclatèrent dans la pièce.

Tous les hommes ayant impétueusement envahi le bâtiment ressortirent d'une seule vague avec un air satisfait sur le visage. Une ombre gracieuse regardait de loin le départ du convoi.
Le jour suivant, toutes les familles s'étaient unies autour de Kiyoshi.


Trois voitures accueillirent immédiatement le convoi. Des hommes en armes, sans pour autant le dissimuler, vinrent à la rencontre des passagers. Le cercueil préparé à l'avance pour transporter le corps de Fields fut ainsi emporté par les gardes. Nakajima fut dispensé de fouille car son niveau martial faisait de sa personne même une arme plus mortelle qu'une armée toute entière.

L'ascenseur s'arrêta au dernier étage : le cinquième. Une pièce toute récente, comme l'indiquaient la peinture fraiche et les quelques traces de béton en poussière restant dans les coins, présentait un véritable trône digne des rois les plus décadents. Une sublime jeune femme trônait donc dans ce gigantesque monument d'apparat. Le cercueil avait déjà été ouvert juste face à elle, mais ses porteurs l'avaient déjà laissée seule ; elle se trouvait entièrement seule dans cette pièce que le vide rendait géante.
Yakasa cessa l'avancée de Nakajima à plusieurs mètres de leur interlocutrice.

Elle était sublime. Sa chevelure de feu illuminait la pièce et teignait sa robe noire fendue jusqu'aux hanches d'un éclat étrange. Ses talons d'une vingtaine de centimètres frappèrent le sol dans son geste pour se lever. Ses mensurations étaient tout simplement parfaites : on eût pu l'observer toute une vie sans s'en lasser, sans que la faim, la soif ou la fatigue ne nous dérangeassent. Ses yeux verts transperçaient la noirceur de la pièce éclairée seulement par de petites fenêtres en cette journée grisâtre. Mais sa splendeur rayonnait telle une journée ensoleillée.
Ses mains glissant sur le corps froid du Maître plongé dans un sommeil éternel étaient extrêmement fines et ornées de longs ongles rouges sombres ainsi que d'une chevalière au motif complexe qui, bien qu'il serait impossible de décrire les détails, s'organisait autour d'un pentagramme. Malgré la finesse de son corps, une force énorme transparaissaient de tout son être. Ses caresses cessèrent nettes. Ses yeux taquins fixèrent Yakasa.

Le Yakuza commença à transpirer à grosses gouttes alors qu'il tentait de défaire vainement sa cravate. Son cœur battait fort, plus fort, de plus en plus fort. Son pouls résonnait littéralement dans toute la pièce alors qu'il s'accélérait par ailleurs. Son corps rouge vif laissait échapper une chaleur aussi intense qu'un brasier. Ses yeux ne parvenaient plus à s'ouvrir sauf avec un effort surhumain qu'il s'imposait néanmoins pour contempler cette déesse. Un sourire déformait son visage rouge sang. Ses globes oculaires commencèrent à saigner légèrement mais ne lâchaient pas leur cible. Plusieurs détonations frappèrent les tympans de Nakajima : le système sanguin entier de son hôte éclata ; du sang et de la sueur coulaient le long de son corps figé dans une béatitude désormais éternelle. La rigidité cadavérique avait en effet été largement accélérée par les causes mêmes de sa mort et son cadavre paraissait être une statue. Alors que l'ultime souffle venait, il soupira son nom : « Kushinada... »
Cette Kushinada en question s'approcha sensuellement de Nakajima pour lui susurrer à l'oreille la raison de cette fin sanglante : elle savait bien que son ami n'était pas mort.


Il serait impossible d'approcher le chef des Yakuza sans se battre contre tous leurs hommes, combat pouvant tuer de nombreux civils comme à Shanghai et qui s'achèverait probablement par la mort dudit chef, or les morts ont l'habitude de ne pas répondre aux questions ; la seule autre solution était l'infiltration. Mais ses désavantages aussi s'avéraient trop nombreux : le dirigeant ne se montrerait pas à un vulgaire laquais et des gardes le protègent certainement en permanence, augmentant d'autant la difficulté de le capturer vivant. Il faudrait se prouver homme de confiance. Fields ne pourrait jamais jouer un rôle aussi longtemps, temps plus que déterminant pour tenter d'éradiquer la menace Magatama. Nakajima avait déjà la confiance de certains hommes aux activités peu recommandables : parfois éliminer des criminels permet seulement la prolifération des vermines ; un trafic organisé offre de plus gros avantages que des guerres permanentes entre bandes violentes pour quelques sous.
L'infiltré idéal fut trouvé. Le véritable problème se posait en ce qui concerne la confiance ; gagner la confiance de quelqu'un en peu de temps pouvait s'avérer d'une simplicité enfantine si on éliminait un concurrent direct voire un ennemi puissant, et quel meilleur ennemi que Fields, un homme faussement réputé impulsif, capable de raser une ville en quelques heures selon les rumeurs, fausses également puisque quelques minutes lui suffiraient largement, fonction de la taille de ladite ville. Un scénario à la Brutus se mit rapidement en branle.
Durant la semaine d'attente, Nakajima eut de nombreux rendez-vous avec Yakasa au sujet de son ami. Son jeu d'acteur fut parfait, laissant entendre une rivalité, une animosité ou toute autre chose de ce genre-là, ce qui attisa évidemment la curiosité du pigeon lançant immédiatement des recherches. Or des témoins de l'incident de Shanghai muré dans le silence depuis dix années se mirent à parler, des rumeurs se répandirent, des hommes apprirent certaines choses qu'ils révélèrent à certaines personnes, mais nul ne se demanda par quel miracle les langues avaient bien pu se délier.
Yakasa creusa sa propre tombe ; en voulant connaître les faiblesses de ses adversaires, il s'en créa une et posa une cible rouge sur sa tête. Jouant sur la colère de Nakajima, l'idiot utile le persuada de tuer son ami lors de leur rendez-vous à venir...


Nakajima tourna rapidement la tête et leurs yeux se croisèrent. Tout espoir fut perdu en un instant. Comme pour sa victime précédente, le charme de Kushinada s'empara du pauvre homme. Néanmoins, elle préféra mettre la main sur son libre-arbitre plutôt que sur sa vie. Retournant siéger sur son trône, son nouvel esclave la suivit lamentablement. Daignant adresser un sourire à ce dernier, elle désigna son ancien ami.
« Maintenant, va m'achever ce déchet ! »
L'ombre s'approcha du cercueil ouvert et un choc brutal fit voler en éclat ce dernier alors qu'un poing venait de s'écraser sur la poitrine de l'homme endormi. Le bourreau affligé d'un sourire stupide retourna auprès de sa déesse.
« Les hommes sont vraiment pathétiques... »

Alors qu'elle l'embrassait, elle commença à défaire ses vêtements, toute en douceur, toute en sensualité sa chemise glissa sur sa peau avant de toucher le sol. Les baisers ardents de la princesse marquaient ce corps rigide du maquillage noir valorisant ses lèvres pulpeuses. Peu à peu le teint du Maître pâlissait tandis que son pouls ne cessait d'accélérer ; la fougue l'emporta et il bascula Kushinada au sol pour lui rendre ses baisers passionnés. Leurs mains glissaient vivement sur leurs deux corps. La longue robe échancrée ne servit plus que de drap pour ces deux chaires n'en formant désormais plus qu'une. Des râles, des cris, des murmures, et Nakajima trempé de sueur se vidait de toute vitalité au profit de Kushinada, emportés tout deux dans une frénésie impossible à interrompre.

Une ombre s'éleva derrière le couple, sombre, puissante, titanesque, elle glissa délicatement jusqu'à la couche improvisée sur laquelle s'activaient pleinement les amants.
Deux mains s'abattirent et un coup violent retentit alors que Kushinada fermait les yeux, perdue dans une jubilation marquant ses traits d'un sourire extatique. Deux éclairs jaillirent dans la pièce ; une pique de main pointait sur sa gorge alors que deux bras lui entravaient les membres. Fields menaçait sa vie tandis que Nakajima la contraignait à l'immobilité, ce que deux guerriers n'auraient jamais pu se permettre lors d'un combat, ils l'avaient fait lors d'une capture afin d'éviter toute blessure à leur proie.

Ayant parfaitement compris cela l'instant même de leur assaut, la stupeur de son échec à manipuler le Maître okinawaïen ne disparut cependant pas de l'esprit de la princesse, seule véritable raison à la réussite des deux hommes ; la volonté de ce dernier était plus forte qu'un maléfice quelconque, fût-il le sien. Il ne fit que jouer le jeu en allant prévenir son ami d'attendre le moment opportun et en distrayant la princesse trop sûre d'elle-même. La confiance était la clé de voûte de leur entreprise : celle de Yakasa envers Nakajima précipita sa chute et entama celle de Kushinada que son abus de confiance en elle-même acheva. Mais même les engrenages les mieux huilés peuvent se bloquer ; Kushinada éclata de rire en annonçant la mort toute proche des deux compères.
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 2 Aoû 2011 - 15:22

Une vague de chaleur jaillit hors de son corps alors qu'une puissante aura emportait les deux hommes de chaque côté de la pièce. Cette aura s'avéra incroyablement proche de celle de Nakajima.
La jeune femme avait complètement changé : son corps entièrement nu se trouva orné d'une grande paire d'ailes semblable à celle d'une chauve-souris bien que partant du dos et étant plus rigides. Une longue queue rouge sombre voire noire prolongeait directement son dos et s'achevait en une pointe acérée pouvant traverser les défenses les plus denses. Les yeux de la jeune démone s'étaient alors teintés d'une lueur monstrueuse dégageant une perversité sans borne qu'exacerba son ricanement diabolique dévoilant de longs crocs blancs.

Fields eut immédiatement une clarté parfaite de la situation. La personne en leur présence, une succube, pouvait aisément absorber l'énergie sexuelle d'une personne, autrement dit son énergie vitale, raison pour laquelle son aura ressemblait légèrement à celle de son ami. Cela expliquait également l'état d'épuisement de son frère de sang, ainsi que les évènements ayant pris lieu à la suite de son réveil, et avant son intervention. D'anciennes techniques yogiques, taoïstes et bouddhiques possédaient elles aussi la capacité d'absorber cette énergie chez une autre personne lors de l'acte charnel, cependant aucune véritable perte n'était à déplorer contrairement à la méthode que la succube mettait en pratique ; la grande quantité d'énergie de son compagnon en elle démontrait la plus grande efficacité de sa technique ainsi que sa plus grand sournoiserie, sa malignité.

« En effet, je vous ai sous-estimés... heureusement, c'est une erreur que nous avons en commun ! »

La succube se servit de ses ailes pour accélérer son déplacement en direction du mathématicien qui esquiva un coup de pied aérien tout en propulsant son genou dans l'abdomen de son assaillante dans le but de la renvoyer vers son ami dont le visage exprimait vivement son désir de combattre cet adversaire. Fields s'assit à terre sur les talons. La respiration de Nakajima résonna dans la pièce quelques instants puisqu'il tentait de regagner quelques forces. La succube pariait certainement sur un combat à l'issue rapide étant donné qu'elle avait déjà vampirisé son opposant ainsi que de nombreux autres hommes, sans compter sa puissance naturellement supérieure à celle d'un être banal.
Les ongles de Kushinada devinrent des lames acérées d'une vingtaine de centimètres alors qu'elle s'élançait dans les airs en direction de son amant de tantôt. Dans un réflexe instinctif, ce dernier tourna sur le côté, se retrouvant sur le flanc de la démone dont il put attraper les bras. Sa poigne suffit alors largement pour écraser les deux avant-bras et réduire ses os et ses muscles en miettes s'écrasant au sol, ne laissant plus qu'un mince filet de chair reliant les mains aux coudes.
En réalité, Nakajima avait entièrement contrôlé le débit de son énergie vitale lors de son absorption par la créature du diable ; les techniques abordées précédemment consistaient également à la concentration de cette énergie, à son raffinement, à son développement et par là même à sa protection.
Il continua sa rotation projetant ainsi l'adversaire ailé contre un mur à l'aide de ses muscles dorsaux qui frappèrent le flanc féminin. Ne se laissant pas faire aussi facilement, un coup de queue frappa ce dos par réflexe, sans porter suffisamment pour infliger une blessure autre que superficielle. Toute la puissance du monde sans aucune technique valait autant que la main en or de Midas, transformant jusqu'à sa propre fille en ce métal si précieux, mais mort.

Perdant son calme, ses yeux devinrent entièrement noirs et la créature révéla sa véritable apparence démoniaque. Six paires de seins ornaient désormais sa poitrine alors que des serres lui poussaient à la place des pieds et que son corps se teintait de la couleur du sang ; quelques-uns de ses cheveux s'enroulèrent sur son crâne formant bientôt deux magnifiques cornes perdues dans la chevelure rougeoyante courant le long de son dos dont les muscles, comme ceux du reste de son corps, s'étaient endurcis et transparaissaient clairement à travers sa peau ; de son sexe sortirent de nombreux petits tentacules suivis de crocs formant une véritable gueule ne ressemblant à aucune créature de la Création. Ses ailes se déployèrent et en un instant elle se retrouva derrière son ennemi. Deux lacérations dans le dos de ce dernier purent être faites avant qu'il ne se retournât, les muscles à l'air libre. Il bloqua une première jambe mais il sentit alors que ce corps était beaucoup plus résistant que lors de l'assaut précédent : elle le prenait enfin au sérieux. Évitant la deuxième jambe qui allait lui trancher la tête, sa gorge fut légèrement entaillée ; un millimètre de plus lui aurait coûté la vie. Ses pieds s'enfoncèrent dans le sol alors qu'une onde de choc remontait dans ses hanches jusqu'à finir dans la paume de sa main s'abattant férocement sur le buste de la démone. Tout l'impact fut absorbé par ses protubérances mammaires ; la puissance du coup fit cependant éclater le bout de chair qui avait à lui seul reçu le coup de plein fouet.
Une grande quantité de sang gicla sur Nakajima, l'aveuglant l'espace d'une dixième de secondes, laps de temps suffisant amplement pour que son torse soit complètement lacéré. Là où des lames en acier trempé eurent échoué, ses serres excellaient sans même que la créature eût à fournir beaucoup d'efforts. Avant que sa chair ne soit mise à nue, Nakajima contracta ses muscles au maximum afin de bloquer la majeure partie des blessures le temps qu'il puisse enchaîner sur autre chose.
Ne laissant aucun répit au pauvre homme, des torrents de feu s'échappèrent de ses bras déchiquetés et engloutirent Nakajima. Heureusement, son corps était plus résistant que les flammes : les arts martiaux internes lui avaient permis, comme pour Fields, de dépasser le commun des mortels.
La succube trop sûre d'elle-même crut cependant en sa mort, ce qui lui permit de frapper une seconde fois, d'un double coup de paume à l'endroit exact de son premier assaut. Le résultat fut concluant ; sa frappe avait endommagé des organes internes et Kushinada cracha du sang.
Ne s'arrêtant pas là et profitant de la douleur qui distrayait son adversaire, Nakajima perfora sa peau en y mettant toutes ses forces et s'empara de son poumon droit dans un geste puissant. Alors que ses trois lobes tombaient à terre, ils furent suivies par l'estomac qui s'échappa légèrement de la plaie, la bouchant par là même occasion. La démone hurlait à mort mais son corps était extrêmement résistant, et elle ne mourrait pas aussi facilement. Heureusement pour Nakajima, elle n'était pas habituée à combattre quelqu'un doté d'une puissance pouvant l'égaler, voire plus encore, et son arrogance l'avait perdue : si elle avait libéré immédiatement toute sa force, elle aurait eu une forte chance de triompher. De plus, elle avait réellement cru avoir absorbé toute l'énergie de Nakajima, le laissant au seuil de la mort.

Fields se releva alors pendant que son ami s'apprêtait à achever sa proie. Il bloqua net son coup de talon destiné au crâne de Kushinada reposant au sol. Habitué à tuer ses ennemis, ce coup résultait d'un simple réflexe conditionné au cours de sa longue expérience des combats réels : même un adversaire mortellement blessé peut infliger de lourds dégâts. Le problème résidait là dans le fait que la proie devait rester en vie le temps nécessaire à la compréhension des évènements en cours. Grièvement blessé, le bourreau de tantôt s'affaissa contre un mur tâché alors de son sang pour reprendre quelques forces pendant que son compère allait entamer un interrogatoire pénible.
Un froid glacial envahissait son corps duquel aucune force n'arrivait à sortir, elle ne pouvait même pas se redresser, ses ailes meurtries par les divers impacts du combat ne pourraient plus soutenir son poids. Cela ne la tuerait pas mais un homme avançait inexorablement vers ce corps lamentable, prêt à la torturer pour obtenir toutes les informations qu'il désirait, puis à la tuer. Ravalant sa fierté, un cri guttural ignoble s'échappa avec difficulté de sa gorge et malgré l'absence d'un de ses poumons, le bruit résonna dans tout le bâtiment.


LAUDRÉ Emmanuel, 38 ans, Enseignant en Informatique. Le bruit de la serrure déverrouillée agressée par un trousseau de clefs réveilla brusquement l'enseignant affalé sur un poste informatique. L'homme d'entretien pénétra alors dans la salle qu'il avait cru fermée, échangea quelques civilités avec l'enseignant tantôt endormi avant de finalement se mettre au travail alors que l'informaticien sortait de la pièce afin de retourner dans son bureau où se trouvaient des affaires de rechange, du fait de son habitude à dormir dans l'établissement plutôt que chez lui. Dans les couloirs en plein éveil, une lumière suspecte attira son attention : le bureau du Dr. CYPHRE était resté allumé bien qu'il fût inoccupé ; les deux hommes se connaissaient car tous deux avaient la mauvaise habitude de travailler jusqu'à très tard dans la nuit, voire jusqu'au matin.
S'interrogeant sur l'absence de son collègue, la montre au poignet d'Emmanuel le rappela à l'ordre en sonnant pour indiquer l'heure tardive qu'il était : son cours commencerait dans quelques minutes seulement.
Rien ne changea dans son cours et pourtant tout changea. Sa personnalité avait changé du tout au tout depuis la veille et il fut attiré par une jeune fille présente dans la salle ; ses hautes responsabilités administratives lui imposaient un grand respect du règlement dont un article interdisait formellement quelque relation sentimentale entre membre du corps enseignant et étudiant. Pourtant, il ne pouvait atténuer son attirance pour cette jeune fille, Anne-Lise.
Alors que sonnait la fin du cours, il se souvint subitement qu'il s'agissait de la meilleure amie du petit protégé de son collègue mathématicien. Tous les étudiants sortaient dans le chahut mis à part l'objet de ses pensées qui vint lui adresser la parole. Les quelques questions qu'elle lui posa s'avérèrent si évidente qu'il comprit qu'il ne s'agissait que d'un prétexte pour l'aborder ; en réalité, elle aussi ne put s'empêcher de fixer toute son attention sur son professeur pendant toute la durée du cours, alors qu'elle avait toujours été attirée par son ami d'enfance, Bastien, et par nul autre.
Leur conversation informelle fut interrompue par l'arrivée d'une collègue d'Emmanuel venant lui rappeler la réunion très importante prenant lieu avant l'heure du déjeuner et à laquelle son statut de membre du conseil l'obligeait à assister. La jeune fille s'en alla alors comme si de rien n'était tandis que l'enseignant rangeait son bureau avant de quitter la pièce avec sa collègue.
La réunion eut lieu en l'absence d'un membre éminent du conseil qu'était le Dr. CYPHRE ce qui eût dû inquiéter son collègue informaticien demeurant néanmoins de marbre jusqu'à ce que le conseil eût fini de présenter et de discuter de l'ordre du jour. Quand vint la fin de la réunion, il se mit à questionner ses collègues sur le mathématicien ainsi que sur le sujet de ses recherches ce qui étonna tout le monde vu que les deux hommes se connaissaient plutôt bien et qu'il connaissait le caractère secret des recherches en question. Il insista jusqu'à ce que le directeur de l'établissement tentât de quitter la pièce, se rendant ainsi compte qu'elle avait été fermée de l'extérieur.

Trois jours plus tard, un nouveau cours réunit Emmanuel et Anne-Lise que personne n'interrompit cette fois, leur permettant de décider d'un rendez-vous le soir même.
Au restaurant, tout le monde semblait bien connaître l'enseignant qui sortit le grand jeu à son élève. Le dîner se passa à merveille jusqu'à l'arrivée de la note, offerte par le patron. La jeune fille fut alors emmenée dans l'appartement de son ami à quelques rues de là. Sa volonté était complètement annexée à celle de ce dernier et elle ne pouvait alors rien lui refuser.

La veille du premier cours dont il fut question correspondait au soir où Fields pourfendit Cerbère et quitta le pays pour rejoindre le Japon. Emmanuel dormait paisiblement, le visage écrasé contre un clavier d'ordinateur tandis qu'une succession de caractères incohérents se formait à l'écran éclairant à lui seul toute la pièce obscure ; un bruit sourd réveilla le pauvre homme qui ne s'en aperçut qu'après quelque minutes pendant lesquelles il resta plongé entre rêve et réalité. Étirant son dos, un autre bruit sourd le fit sursauter et tomber de sa chaise inconfortable.
Après s'être remis du choc, il parcourut les couloirs à la recherche de l'origine du bruit jusqu'à tomber sur des traces de sang provenant d'une salle avoisinante, un laboratoire de recherche. Se trouvait là un corps atrocement mutilé, celui d'un de ses confrères dont l'état pitoyable retourna le cœur du témoin vomissant alors toutes ses tripes. Hors de la pièce, un silhouette passa derrière lui et tout devint subitement noir pendant quelques secondes.
Il se trouvait alors tenu en respect par trois hommes massifs autour d'une carcasse colossale ; un énorme chien affligé de trois gueules immondes trônait au milieu du couloir où ces hommes avaient transporté le pauvre témoin. L'un d'eux s'avança de lui alors qu'il tremblait de sous être sans pouvoir articuler la moindre syllabe et voulant pourtant supplier pour sa vie. Une main pénétra dans son crâne accompagnée de cris de douleur indescriptibles.
Retirant sa main couverte de sang et de matière cérébrales, l'homme qui lui faisait face sourit dans un rictus ignoble tandis que sa peau tremblait, suivie par tout son corps. Il avait pris l'apparence du prisonnier car il avait lu dans son esprit qu'il connaissait le responsable du massacre de Cerbère : ils devaient absolument avoir le maximum de renseignements sur lui et sur les autres hommes morts cette nuit-là.
Le jour se levait, et on leur avait ordonné de rester discrets ; les deux hommes ayant conservé leur apparence propre furent chargés de nettoyer les lieux tandis que leur frère retournait dans la salle où s'était endormi leur dernière victime, doté de tous ses souvenirs, et de toute chose présente dans son esprit d'ailleurs.

La jeune fille s'allongea sur le lit et commença à se dénuder alors que son professeur se métamorphosait sous ses yeux illuminés pour devenir un charmant mastodonte coiffé de longs cheveux noirs et lisses agrémentés d'un léger bouc. Tandis que ses fripes tombaient à terre l'une après l'autre, ses pas le dirigeaient vers la couche réchauffée par le corps nu y reposant. Alors que l'homme s'activait avec une infinie tendresse sur le corps de sa partenaire envoûtée, il semblait regagner des forces, comme l'indiquait la rougeur de sa peau par opposition à la pâleur de sa compagne de couche perdant peu à peu la vie. Néanmoins, il savait qu'une goule ne pouvait maintenir intact le corps d'un défunt que quelques heures, voire jours et il aurait besoin d'elle pour approcher Fields lors de son retour, via le jeune Bastien ; ainsi, il dosa avec minutie les forces qu'il aspirait hors de la jeune fille, désormais esclave de cet incube.


Lui et ses frères ne savaient pas ce qui allait leur arriver quelques mois plus tard au Japon. L'immonde cri de Kushinada rassembla promptement ses congénères qui comprirent qu'une attaque avaient lieu sur le bâtiment, et pas n'importe laquelle : leur maîtresse possédait un égo et une fierté démesurés qui l'eût interdit d'appeler ses frères au secours quand bien même sa vie serait menacée. Ainsi, cinq jeunes hommes ressemblant à quelques traits près à l'assassin du collègue de Fields et de la pauvre Anne-Lise se précipitèrent comme un seul homme à l'étage supérieur où se trouvait leur sœur. Une cinquantaine d'hommes en costumes sombres les précédaient dans la bataille.
Sentant cette horde s'avancer, Fields poussa un Kiai et son pied heurta brutalement une cervicale de la démone dont le bris paralysa complètement son corps. L'esquisse d'un mouvement de son ami s'interrompit devant son regard, puis ce dernier se rassit aussitôt ; il avait besoin de quelques secondes pour reprendre ses forces malgré les blessures impressionnantes qu'il avait subies, elles n'étaient ni mortelles, ni incapacitantes ; or Fields savait qu'il pourrait gérer le combat à venir, du moins le temps que son compère se remette sur pied.
Les murs volèrent en éclats et des dizaines de Yakuza fendirent sur l'homme debout face à l'ancienne porte ; ses poings si rapides qu'on n'en devinait même pas la moitié battaient l'air entre lui et ses hommes dont les corps se voyaient transpercés, broyés et déchiquetés. Du sang, de la chair et des organes tombaient à terre tandis que d'autres formes sombres s'échappaient des cadavres, des goules évidemment. Les coups de poing s'arrêtèrent au moment où l'homme roula sur le côté pour abandonner sa position sur laquelle des centaines de phalanges se précipitèrent, hors des mains de leurs propriétaires capables d'en faire pousser d'autres. Le sol fumait sous le poison mortel contenu dans ces os effilés comme des lames et propulsés avec une vitesse telle qu'ils s'enfonceraient dans la peau de n'importe quel ennemi.
En un instant, cinq goules encerclèrent Fields dont les jambes voltigèrent, arrachant celles de ces créatures maudites. Comme la dernière fois, elles pourraient se régénérer à moins d'utiliser des frappes de Qi capable de vaporiser leurs carcasses infâmes ; ainsi, l'air autour du Maître se troubla sous l'effet de son aura tandis que les cinquante goules présentes attaquaient de tous les angles possibles : de tous les côtés et même du plafond. De violentes bourrasques de vent s'écrasèrent sur leur front arrêté en plein vol et laissé vulnérable à la férocité du Maître dont les paumes s'abattaient telles un millier de lances enflammées traversant leur chair fumante.
Une pluie de cendres s'abattit alors dans la pièce où cinq hommes venaient d'apparaître. Le temps de réfléchir était passé : perdre un millième de seconde signifierait la mort pour eux comme pour les deux Maîtres. Une ombre apparut devant la pitoyable Kushinada ; une autre la rejoignit d'un éclair ; le poing de Nakajima s'écrasa sur la face de ce bel Apollon dont la main, interrompue avant la décapitation de la princesse, venait juste de lui trancher la gorge ; son heure était venue et aucune information ne pourrait alors lui être soutirée quand bien même cela eût nécessité le sacrifice d'un des leurs. En effet, sous sa forme humaine, l'Incube ne put absolument pas résister aux poings du blessé qui lui firent éclater le crâne, répandant sa matière cervicale dans toute la pièce.
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 2 Aoû 2011 - 15:23

Une immense vague de chaleur, deux ombres vers un homme, les deux autres sur le second ; Nakajima subit alors une prise du poignet qu'il retourna pour briser le coude de son agresseur avant de l'écraser au sol où il l'y maintint grâce à un genou laissant ainsi son autre jambe libre pour repousser le deuxième assaillant d'un coup raide dans l'abdomen en plein déplacement, lui renvoyant donc sa propre force ; malgré ce coup, les ailes de ce dernier lui permirent de se stabiliser dans les airs afin de frapper le visage de Nakajima d'un puissant coup de genou bloqué par deux paumes ayant lâché leur prise, mais l'envoyant tout de même à l'autre extrémité de la pièce. De son côté, Fields échappa à un coup croisé de ses deux agresseurs grâce à une esquive le contraignant à s'éloigner encore plus de son ami. Diviser pour mieux régner ne semblait pas être une expression inconnue par ces stratèges.
Ces hommes ressemblaient étrangement à Kushinada avant sa seconde poussée d'hormones, en ce qu'ils étaient dotés de longues ailes noires de chauve-souris partant de leur dos musculeux sur lequel tombaient de longs cheveux noirs aussi fins que somptueux. Néanmoins leurs muscles rugueux occupaient un volume bien plus important, et fumaient à cause du contact entre leur sueur et la chaleur émanant de leurs corps. Une longue queue sombre prolongeait leur colonne vertébrale tandis que leurs sexes exhibés devinrent aussi longs et aiguisés que de véritables sabres à la forme étrange qu'ils pouvaient facilement manier par leur volonté. Ces Incubes n'avaient vraiment rien d'humain, de plus leur manière d'orchestrer leurs assauts sans communiquer suggérait qu'ils le faisaient par des moyens étrangers tels la télépathie.

Des flammes engloutirent leurs avant-bras et leurs poings desquels des boules ardentes s'échappèrent pour s'abattre sur Fields qui les bloqua, sans sourciller un seul instant face à leur température extrême ; attaquer ces deux hommes avec les flammes ne servirait à rien. Il s'agissait d'une phase d'examen de ceux qui avaient pu vaincre, et cinquante goules, et leur propre sœur sous sa véritable apparence.
Tournoyant autour du mathématicien dans de grands mouvements d'ailes censés désorienter leur ennemi, les deux Incubes frappèrent de leurs jambes à la tête, à la poitrine, aux hanches et aux genoux en même temps, dans une coordination parfaite. Ses bras bloquèrent les deux jambes supérieures s'abattant à gauche et à droite tandis que ses propres jambes ne vacillèrent pas un instant sous le choc des deux autres membres attaquant. L'Incube rattaché à ces dernières put s'échapper à temps alors que son frère venait d'être saisi aux chevilles. Renversé devant le Maître, les tibia détachés heurtant le sol, le démon prit un coup de poing direct dans la gorge, traversée de part en part à tel point que sa tête s'en trouva détachée.

Il était irréaliste d'essayer de les combattre sous une forme intermédiaire, malgré leur humanité, eux-mêmes n'étaient que des démons inférieurs. Des cris hideux firent trembler la pièce dont les murs s'effritèrent alors que leurs crânes s'allongeaient comme ceux de proto-primates dotés de crocs monstrueux pleinement visibles, dont l'aspect agressif renforçait celui de leurs griffes titanesques et de leurs serres monstrueuses. Alors que leurs muscles triplaient de volumes, leurs ailes s'ornaient de piques effrayantes, par de violents battements leurs veines ressortaient sur leur peau rougeoyante, leurs sexes se divisèrent en deux tentacules entourant une gueule hérissée de crocs bavant.
Des flammes rougeâtres engloutirent leurs bras et leurs jambes, des brasiers venus d'un autre monde ; leur aura changea alors du tout au tout : les deux Maîtres durent faire appel à toute leur énergie pour contenir cette force colossale s'abattant sur eux. L'air aride de la pièce voltigeait en lacérant les murs, le plafond et le sol de la pièce en ruines alors que de légères coupures passagères maquillaient les forces en présence.

En un instant, un puissant courant emporta Nakajima et ses ennemis alors que son camarade et le leur venait de se lancer dans le combat. Tels de vrais guerriers dotés d'une puissance écrasante, l'un contre l'autre, ils décideraient de leur sort en l'espace d'une ou deux secondes pour un œil profane, durant lesquelles l'affrontement serait déchaîné ; ce genre de combat au sommet s'achevait généralement par un seul coup frappant sa cible.
Parant le bras de son ennemi ayant pris l'initiative, l'homme lança son poing en plein plexus solaire ; il fut intercepté à mi-parcours par un tentacule du démon, bout de chair qui amena le bras vers la gueule située au bas-ventre où le bras captif se saisit alors du second tentacule pour s'en servir d'appui afin de se défaire de cette prise. Un genou rouge s'abattit sur Fields qui l'utilisa pour s'élever au niveau du crâne de son adversaire qu'il frappa violemment avec son propre genou, arrêté de justesse par la queue du démon s'enroulant perfidement autour du membre ; le second pied du Maître trancha d'un coup d'un seul l'appendice caudal. Deux bras ardents emprisonnèrent l'homme, luttant de tout son esprit contre la brûlure, tout contre le démon dont la gueule se précipita sur la gorge de sa proie ; deux pouces s'enfoncèrent brutalement dans ces yeux de ténèbres emplis alors de sang, et éloignèrent ainsi ces crocs dangereux. Accompagnés par cette douleur, les coudes sur lesquels coulaient le sang du démon vinrent s'abattre sur ses clavicules afin de briser son étreinte mortelle. Têtu, le démon essaya la même méthode mais avec ses ailes cette fois ; Fields arrêta ces deux voiles meurtriers en écrasant les piques les surmontant avec assez de poigne pour éviter l'empalement mais pas de terribles lacérations. Ses genoux s'appuyèrent sur la poitrine rouge sang et donnèrent assez de puissance à l'homme pour arracher ces deux autres appendices.
Ce dernier mouvement envoya Fields à terre ce qui laissa toute la latitude au démon pour l'attaquer de ses serres. Malgré sa nouvelle cécité, le démon sentait très nettement l'énergie de son adversaire qu'il écrasa d'un violent coup de jambe s'enfonçant copieusement dans la chair du pauvre homme. Plié par la douleur, ses deux avant-bras vinrent brutalement frapper le genou démoniaque, brisé sur le coup, avant que l'un d'eux n'aillent parer les secondes serres déchirant peu à peu le membre défensif ; l'autre bras de l'homme à terre frappa brutalement d'un pique de doigt l'artère fémorale de la bête dont un tentacule s'empara de ce membre dans le but de le dévorer grâce à la gueule située au bas-ventre.
Luttant quelques minutes alors que le sang immonde du démon recouvrait son corps, Fields finit par libérer ses membres quand son ennemi succomba enfin à l'hémorragie, seulement après avoir meurtri la chair du Maître à bout de souffle. Allongé au sol, sans esquisser le moindre mouvement qui aurait pu relancer la douleur dans tout son corps, Fields aperçut son compère à l'autre bout de la pièce, complètement mutilé. Il se leva d'un coup sec pour voir quel sort s'était abattu sur son frère de sang alors que le sien coulait péniblement au sol.

Le combat enragé se déroulant de l'autre côté de la pièce produisit une bourrasque de vent telle qu'elle emporta Nakajima et ses deux ennemis dans une tornade de poussière voilant toute vue des yeux. Déconcentrés, les trois guerriers mirent quelques centièmes de secondes à utiliser leur sens du Qi afin de se repérer mutuellement, temps suffisant pour que de la carcasse froide de Kushinada, la gueule remplaçant son sexe se décroche telle un organisme à part entière ; cette immonde créature faite de crocs et de tentacules ne pouvaient survivre que quelques heures hors du corps vivant de sa maîtresse, mais elle ne mourrait pas sans avoir fait payer cet humain pour son impudence. Une boule de crocs s'enfonça dans les muscles mis à nu de son dos et des tentacules immobilisèrent entièrement le Maître vers lequel se dirigeait alors la queue d'un Incube. Un de ses pieds retoucha le sol dont il se servit pour tourner et s'empaler le poumon droit sur cette queue s'enfonçant d'abord au cœur même de l'être parasitaire lui suçant le sang dans le dos. Les tentacules morts libérèrent Nakajima pour qu'il puisse frapper du coude la tête du démon derrière lui qui perdit ainsi un œil. Prolongeant son attaque pour effectuer une rotation en saisissant la tête sanglante de son ennemi, il échangea leur position ; deux bras traversèrent la chair de l'Incube dont la queue demeurait dans le poumon de Nakajima, ceux de son propre frère qui ne put interrompre son assaut à temps.
Un violent coup de genou vibra à travers le corps de ce dernier, envoyé alors contre un mur ce qui eut pour effet d'arracher brusquement la queue enfoncée dans ce poumon, projetant l'humain au sol dans une marre de sang, alors que son ultime ennemi venait d'être écrasé contre un mur qui meurtrit ses ailes dès lors incapables de se mouvoir Ses serres enfoncées dans ledit mur lui servirent d'appui pour s'élancer vers sa cible qui roula sur la côté afin d'éviter des serres faisant volé le sol en éclat. Une queue arrêta Nakajima en transperçant son épaule gauche avant d'être attrapée par la victime ; saisie dont le but consista à se relever tout en déséquilibrant partiellement le démon aux serres toujours coincées dans le sol démoli, amenant ainsi sa tête vers lui qu'il frappa d'un double coup de pied aérien.
Le démon frappa sa propre aile paralysée pour l'envoyer contre son agresseur dont les avant-bras subirent toute la violence de l'attaque. Un bras enflammé tenta d'éventrer l'ennemi en plein vol mais ce dernier utilisa ses jambes pour saisir le membre malgré les flammes, le briser et se hisser au niveau de la gueule rougeâtre dans le seul but de l'étrangler de ses deux bras ensanglantés. Tous deux allongés, l'homme se trouvait sur le démon dont le bras toujours brisé demeurait entre les jambes humaines ; le second bras enflammé frappa l'épaule percée qui lâcha alors prise sur la gorge, mais l'étranglement continua ; l'Incube para en saisissant la gorge entaillée du Maître dont la blessure se mit à saigner avant d'être cautérisée par les flammes démoniaques.
Deux genoux écrasèrent le dos du Maître dont le sang souillait le corps de son adversaire, puis les serres s'abattirent sur ses pauvres clavicules ainsi brisées. Les yeux noirs se remplirent du sang craché par le Maître troublant la vue du démon dont la gorge fut libérée de toute étreinte tandis que la sienne tenait fermement. Cette cécité éphémère l'effraya et son corps se raidit ce qui permit à Nakajima de briser les articulations du bras enserrant sa trachée, simplement en avançant sa tête d'un coup sec ; les articulations raides du démon s'écrasèrent les unes sur les autres et se brisèrent toutes. Tentant une dernière attaque, l'homme ensanglanté reprit son élan et écrasa sa tête sur celle du démon dont le crâne d'une robustesse incroyable ne se fêla que très légèrement là où un mur de plusieurs mètres auraient explosé.
La douleur laissa tout de même assez de temps au Maître pour relever un pied qui alla écraser la boîte crânienne endommagée de laquelle suinta l'encéphale immonde de l'Incube. Alors que le corps ce dernier convulsait atrocement, son assassin s'affala au sol, son sang s'écoulant péniblement à terre.

Fields se leva sur les genoux et avança lentement en direction du corps mutilé du son vieil ami. Il le souleva en le prenant sur une épaule et se dirigea vers la porte de la pièce en ruines couverte de traces de sang et de quelques morceaux d'organes. Trois ombres s'élevèrent devant nos deux blessés.

Une vingtaine d'hommes en armes gardaient le bâtiment devant lequel quelque cinq voitures noires stationnaient, quand un voile sombre masqua la lumière. Portant un somptueux kimono noir orné des blasons du dôjô de son Maître Fields, un homme se tenait plus en hauteur sur un bâtiment adjacent. Les hommes dégainèrent leurs armes au moment où une silhouette se glissait derrière eux ; derrière les voitures, les nuques se brisèrent en quelques secondes sans que les gardes positionnés devant ces dernières n'entendent quelque bruit d'aucune sorte. Du sommet de l'immeuble de trois étages, le kimono complet chuta à vive allure jusqu'au sol. D'horribles bruits leur signifièrent la douleur des voitures dans leur dos ; les gardes virent un homme endossant fièrement le même vêtement écraser de ses paumes rouges les carcasses métalliques littéralement pliées en deux.
Cet instant de distraction leur couta la vie puisque l'homme ayant sauté de trois étages venait d'arriver jusqu'à eux ; le temps leur manqua pour diriger leurs armes dans sa direction, et quand bien même, au corps-à-corps elles eussent été inutiles. Un dernier homme rejoignit ses deux compères et prit la tête des opérations en enfonçant brutalement les portes d'entrée renforcées.
Les élèves parcoururent sans difficulté les étages en éliminant toute menace, chose aisée pour des personnes capables de traverser les murs à mains nues ou encore de sentir la présence de tous leurs ennemis à plusieurs dizaines de mètres de distance. Ces trois élèves avaient beau être considérés comme seulement moyens, leurs capacités excédaient déjà largement celles du commun des mortels.

Fields et Nakajima avaient véritablement tout prévu pour pouvoir s'enfuir sans risquer la vie de leur otage, malheureusement mort dans l'opération ; même les meilleurs plans menés par les meilleurs hommes peuvent rater lamentablement : ils n'avaient prévu ni présence d'autant de créatures dotées de la force des Incubes ni la véritable nature de leur proie, une Succube. Les élèves furent horrifiés par la vue présentée à leurs yeux. Leur Maître et son frère d'arme sur lesquels même les sabres se brisaient rampaient au sol qu'ils recouvraient ainsi de leur sang. Ne perdant pas son calme, le plus doué des trois dans ce domaine s'élança vers Me TAKAGI pour lui apporter les premiers secours ; la pression correcte de quelques points vitaux cessa toute hémorragie ce que Fields aurait pu faire s'il n'avait été aussi mal en point.
Les deux autres jeunes gens vinrent soutenir leur Maître qui s'évanouit alors afin de conserver ses forces, tout en leur demandant de les ramener au dôjô sans délai.
Revenir en haut Aller en bas
YagamiRaito
Entrainement
Entrainement
avatar

Masculin Messages : 70
Date d'inscription : 29/11/2009
Age : 26
Localisation : France, Rhône-Alpes et dans le neuvième cercle infernal de temps en temps

MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   Mar 2 Aoû 2011 - 15:24

ANNEXE MYTHOLOGIQUE
Chapitre Trois : Quand les hormones s'en mêlent


Incubes et Succubes sont des démons inférieurs séduisant respectivement femmes et hommes pendant leur sommeil, leur causant fréquemment des cauchemars, se nourrissant d'une certaine manière de leur énergie. Ce côté de vampirisme a été ainsi exploité dans l'histoire pour en faire des êtres se nourrissant de l'énergie vitale, donc l'énergie sexuelle dans le yoga, le qi gong... en violant leur victime après avoir manipulé leurs esprits. De plus il s'agit d'êtres changeants capables donc de métamorphoses qui sont très souvent limités au genre auquel ils appartiennent : les incubes en hommes et les succubes en femmes.

Il est également dit que les Succubes sont au service de Lilith, une puissante démone souvent mariée à un démon majeur voire au diable, suivant les versions ; elle serait la première femme d'Adam, créée égale à ce dernier elle désire cette même égalité dans leur vie ce que Dieu lui refusa avant de la chasser de l'Éden pour l'envoyer sur le continent peuplé par les démons. Elle copula alors avec ces créatures infernales et donna naissances à d'innombrables autres démons, dont les Succubes.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Avis sur un début de roman   

Revenir en haut Aller en bas
 
Avis sur un début de roman
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Avis pension retraite
» besoin d'un avis pour un echo-sondeur SVP
» tranquilisant pour chien : votre avis
» PASCAL GARNIER NOUVEAU SUR CE FORUM
» Changer de moto !! Besoin d'avis après 250 WRF : 250EXCF, 310TE,300 2T,...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
UniversDigital :: Le coin des artistes :: Fan-fics :: Général-
Sauter vers: